Ibid.^ liv. m, chap. lxxx
3' Voy. dans Tite Live les sommes distribuées dans divers triomphes. L'esprit des capitaines étoit de porter beaucoup d'argent dans le trésor pu* hlic, et d'en donner peu aux soldats.
4. Paul-Émiie, dans un temps où la grandeur des conquêtes avoit fait ^D^aenter les Ubéralilés, ne distribua que cent deniers à chaque soldat; n^ César en donna deux mille; et son exemple fUt suivi par Antoine et ^t&ve, par Brutas et Cassius. Yoy. Dion et Appian.
5. « Soscepere duo manipulares imperium populi romani transferen- «dum, et transtulerunt. » (Tacite, Histoires, liv. I, chap. xxv.)
jamais parlé. Ce fut un bonheur d'être né sous son règne; il n*y en eut point de si heureux ni de si glorieux pour le peuple romain. Grand homme d'Ëtat, grand capitaine, ayant un cœur bon qui le portoit au bien , nn esprit éclairé qui lui montroit le meilleur, une âme noble, grande, belle; avec toutes les vertus, n'étant extrême sur aucune ; enfin l'homme le plus propre à honorer la nature humaine, et représenter la divine.
Il exécuta le projet de César, et fit avec succès la guerre aux Parthes. Tout autre auroit succombé dans une autre entreprise où les dangers étoient toujours présens et les ressources éloignées , où il falloit absolument vaincre, et où il n*étoit pas sûr de ne pas périr après avoir vaincu.
La difficulté consistoit et dans la situation des deux empires et dans la manière de faire la guerre des deux peuples. Prenoit-on le chemin de l'Arménie, vers les sources du Tigre et de l'Euphrate : on trouvoit un pays montueux et difficile , où l'on ne pouvolt mener de convois; de façon que l'armée étoit demi-ruinée avant d'arriver en Médie*. Entroit-on plus bas, vers le midi , par Nisibe : on trouvoit un désert aff'reux qui séparoit les deux empires. Vouloiton passer plus bas encore , et aller par la Mésopotamie : on traversoit an pays en partie inculte , en partie submergé : et, le Tigre et l'Euphrate allant du nord au midi, on ne pouvoit pénétrer dans le pays sans quitter ces fleuves, ni guère quitter ces fleuves sans périr.
Quant à la manière de faire la guerre des deux nations , la force des Romains consistoit dans leur infanterie, la plus forte, la plus ferme, et la mieux disciplinée du monde.
Les Parthes n'avoient point d'infanterie , mais une cavalerie admirable : ils combattoient de loin , et hors de la portée des armes romaines; le javelot pouvoit rarement les atteindre; leurs armes étoient l'arc et des flèches redoutables; ils assiégeoient :ine armée plutôt qu'ils ne la combattoient : inutilement poursuivis, parce que chez eux fuir c'étoit combattre , ils faisoient retirer les peuples à mesure qu'on approchoit , et ne laissoient dans les places que les garnisons; et, lorsqu'on les avoit prises, on étoit obligé de les détruire; ils brûloient avec art tout le pays autour de l'armée ennemie , et lui ôtoient jusqu'à l'herbe même ; enfin ils faisoient à peu près la guerre comme on la fait encore aujourd'hui sur les mêmes frontières.
D'ailleurs les légions d'IUyrie et de Germanie qu'on transportoit dans cette guerre n'y étoient pas propres * : les soldats, acconta-
A . Le pays ne foumisgoit pas d'assez grands arbres pour faire des machines pour assiéger les places. (Plutarque, Fia d'Antoine.) 2. Yoy. Hérodien, Fie tt Alexandre,