‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 2)Chapitre 48 sur 244 · Cest^i-dire les Perses qui les suivirent · texte numérisé non relu

Cest^i-dire les Perses qui les suivirent

4. Sévère défit les légions asiatiques de Niger; Constantin, celles de Lidnius. Yespasien , quoique proclamé par les armées de Syrie , ne fit la gnerre i YitelUus qu'avec des légions de Mœsie , de Pannonie et de Dal- Buuie. Océron, étant dans son gouvernement, écrivoit au sénat qu'on ne pouTOit compter sur les levées faites en Asie. Constantin ne vainquit Maience , dit Zosime, que par sa cavalerie. Sur cela voy. ci -dessous le ttpUéme alinéa du chap. zxu.

6. Auguste rendit les légions des corps fixes, et les plaça dans les provinces. Dans les premiers temps on ne faisoit des levées qu'à Rome, enmite chez les Latins, après dans Tltalie, enfin dans les provinces.

iK>irrEfiQuiEu n 4

autres p%ya< Ha lea reçurent en conquè^ans : ils lea ftdaoient por %a ÙMJBM det triomphea ; maia lorsque lea ètrangera vinrent euxmdmea lea rétablir, on lea réprima d'abord. On sait de ploa que lea Romaine avoient coutume de donner aux divinitéa étrangères les noms de celles des leurs qui y avoient le plus de rapport; mais, lorsque les prêtres des autres pays voulurent faire adorer à Rome leurs divinités sous leurs propres noms , ils ne furent pas soufferts ; et ce fut un des grands obstacles que trouva la religion chrétienne.

On pourroit appeler Garaealla, non pas un tyran, mais le destructeur des hommes. Caligula, Néron et Demitien bomoient leurs cruautés dans Home ; celui-ci alloit promener sa fureur dans tout r univers.

Sévk'e avoit employé les exactions d'un long règne, et lee proscriptions de ceux qui avoient suivi le parti de ses coneurrens , à amasser des trésors immenses.

GaracaUa, ayant commencé son règne par tuer de sa propre main Géta, son frère, employa ses richesses à &ire seuflHr son crime aux soldats, qui aimûent Géta, et disoient qu'ils avoient fait serment aux deux enfans de Sévère, et non pas à cm seul.

Ces trésors amassés par des princes n'ont presque jamais que des effets funestes : ils corrompent le successeur, qui en est ébloui; et, s'ils ne giteat pas son cœur, ils gâtent son esprit. Il forme d'abord de grandes entreprises avec une puissance qui est d'accident, qui ne peut pas durer, qui n'est pas naturelle, et qui est plutôt enflée qu'agrandie.

Garaealla augmenta la paye des soldats ; Macrin écrivit au sénat que cette augmentation alloit k soixante et dix millions ' de drachmes '. Il y a apparence que ce pnnce enfloit les choses; et, si l'on compare la dépense de la paye de nos soldats d'aujourd'hui avec le reste des dépenses publiques, et qu'on suive la même proportion pour les Romains , on verra que cette sonmie eût été énorme.

Il faut chercher quelle étoit la paye du soldat romain. Nous apprenons d'Orese que Domitien augmenta d'un quart la paye établie*. U parott par le discours d'un soldat, dans Tacite*, qu*à la mort d'Auguste elle étoit de dix onces de cuivre. On trouve dans Suétone* que César avoit doublé la paye de son temps. Pline' dit qu'à la seconde guerre punique on l'avoit diminuée d'un cinquième.

Page 1