Voy. Jules Capitolin
anéanti tous les peuples que, lorsqu'elle fut vaincue elle-mâme , il sembla que la terre en eût en&nté de nouveaux pour la détruire.
JLes princes des grands Etats ont ordinairement peu de pays voisins qui puissent être l'objet de leur ambition : s'il y en avoit eu de teU, ils auroient été enveloppés dans le cours de la conquête. Ils sont donc bornés par des mers, des montagnes et de vastes dè> seftd, que leur pauvreté fait mépriser. Aussi les Romains laissèrent-ils les Germains dans leurs forêts, et les peuples du nord dans leurs glaces ; et il s'y conserva , ou môme il s'y forma des nations qui enfin les asservirent eux-mêmes.
Sous le règne de Gallus, un grand nombre de nations, qui se rendirent ensuite plus célèbres , ravagèrent l'Europe ; et les Perses , ayant envahi la Syrie, ne quittèrent leurs conquêtes que pour conserver leur butin.
Ces essaims de barbares qui sortirent autrefois du nord ne paroissent plus aujourd'hui. Les violences des Romains avoient fait retirer les peuples du midi au nord : tandis que la fbrce qui les contenoit subsista, ils restèrent; quand elle fut afToiblie , ils se répandirent de toutes parts K La même chose arriva quelques siècles après. Les conquêtes de Charlemagne et ses tyrannies avoient une seconde fois fait reculer les peuples du midi au nord : sitôt que cet empire fut affoibli , ils se portèrent une seconde fbis du nord au midi, fit si aujourd'hui un prince faisoit en Europe les mêmes ravages, les nations repoussées dans le nord, adossées aux limites de l'univers, y tiendroient ferme jusqu'au moment qu'elles inonderoient et conquerroient l'Europe une troisième fois.
L'affreux désordre qui étoit dans la succession & l'empire étant venu à son comble, on vit paroitre sur la fin du règne de Valérien , et pendant celui de Gallien son fils , trente prétendans divers , qui, s'étant la plupart entre-détruits , ayant eu un règne trèscourt, furent nommés tyrans.
Valérièn ayant été pris par les Perses, et Gallien son fils négligeant les affaires, les barbares pénétrèrent partout; l'empire se trouva dans cet état oii il fut environ un siècle après en occident'; et il auroit dès lors été détruit sans un concours heureux de circonstances qui le relevèrent.
Odenat , prince de Palmyre , allié des Romains , chassa les Perses, qui avoient envahi presque toute l'Asie. La ville de Rome fit une armée de ses citoyens , qui écarta les barbares qui venoient la pilier. Une armée innombrable de Scythes , qui passoient le mer avec six mille vaisseaux, périt par les naufrages, la misère, la fium,
I . On voit à quoi se réduit la fameuse question , « Pourquoi le nord n'est plus si peuplé qu'autrefois ? »
it. Cent cinquante ans après, sous Honorias, les barbares Tenvahirent.