CHAPITRE XYI
«in^t«aA«at ttèm^* Bt QtlUea ayant été taé, Claoda,
tMite «iPtolM&B, q«atr« grandi hommes qoi, par bu giané bon-
)tftUT , te MiaeèdèrMt , rétablirent l'empire prêt à périr.
Gbàp. XVn. — Changement dan$ Vttat,
Pour prévenir les trahisons continuelles des soldats, les empe* rean s'associèrent des personnes en qui ils avoient confiance ; et Dioelétien^ sous prétexte de la grandeur des afTaires, régla qu'il y aaroit toujours deux empereurs et deux Césars. Il Jugea qiie 1m quatre principales années étant occupées par ceux qui auroient part à l'empire, elles s'intimideroient les unes les autres; que les autres années n'étant pas assez fortes pour entreprendre de faire leur chef empereur ^ eUes perdroient peu à peu la coutume d'élire; et qu'enfin la dignité de César étant toujours subordonnée, la puissance, partagée entre quatre pour la sûreté du gouvernement, ne seroit pourtant dans toute son étendue qu'entre les mains de deux.
Mais ce qui contint encore plus les gens de guerre , c'est que les richesses des pa^iculiers et la fortune publique ayant dixninué, les empereurs ne purent plus leur faire des dons si considérables; de manière que la récompense ne fut plus proportionnée au danger de faire une nouvelle élection.
D'ailleurs les préfets du prétoire, qui, pour le pouvoir et pour les fonctions , étoient & peu près comme les grands vizirs de ces temps-là, et Caisoient é leur gré massacrer les empereurs pour se mettre en leur place, furent fort abaissés par Constantin, qui ne leor Isissa que les fonctions civiles , et en fit quatre au lieu de deux.
Ia vie des emperrars commença donc à être plus assurée; ils purent mourir dans leur lit, et cela sembla avoir un peu adouci leurs mmurs; ils ne versèrent plus le sang avec tant de férocité. Mais, comme il fitUloit que ce pouvoir immense débordât quelque part, ou vit un autre genre de tyrannie, mais plus sourde : ce ne furent plus des massacres, mais des jugemens iniques, des formes de justice qui sembloient n'éloigner la mort que pour flétrir la vie ; la cour fut gouTemée et gouverna par pUis d'artifices , par des arts plus exquis, avec un plus grand silence; enfin, au lieu de cette hardiesse à eonecToir cne mauvaise action , et de cette impétuosité à la commettre , on ne vit plus régner que les vices des imea toiblés et des crimes réfléchis.
Il s'établit un nouveau genre de corruption. Les premiers empereurs aimoient le$ plaisirs : ceux-ci , la mollesse ; ils se montrèrent moins aux gens de guerre; ils furent plus oisifs, plus livrés à leurs éomestiqueS) plus attachés à leurs palais, et plus séparés de l'empire.
Le pcdson de la cour augmenta sa force à mesure qu'il lût plus séparé : on ne dit rien, on insinua tout; les grandes réputations furent toutes attaquées , et les ministres et les officiers de guerre furent mis sans cesse à la discrétion de cette sorte de gens qui ne peuvent servir TËtat, ni souffrir qu'on le serve avec gloire ^
Enfin , cette affabilité des premiers empereurs , qui seule pouvoit leur donner le moyen de connoître leurs affaires , fut entièrement bannie. Le prince ne sut plus rien que sur le rapport de quelques confidens, qui, toujours de concert, souvent môme lorsqu'ils sembloient être d*opinion contraire, ne faisoient auprès de lui que l'office d'un seul.
Le séjour de plusieurs empereurs en Asie , et leur perpétuelle rivalité avec les rois de Perse , firent qu'ils voulurent être adorés comme eux; et Diodétien, d'autres disent Galère, l'ordonna par un édit.
Ce faste et cette pompe asiatique s'établissant, les yeux s'y accoutumèrent d'abord; et, lorsque Julien voulut mettre de la simplicité et de la modestie dans ses manières^on appela oubli de la dignité ce qui n'étoit que la mémoire des jpfelennes mœurs.
Quoique depuis Marc Aurèle il y eût eu plusieurs empereurs, il n'y avoit eu qu'un empire; et l'autorité de tous étant reconnue dans la province , c'étoit une puissance unique exercée par plusieurs.
Mais Galère et Constance Chlore n'ayant pu s'accorder, ils partagèrent réellement l'empire'; et par cet exemple, .qui ftit suivi, dans la suite, par Constantin, qui prit le plan de Galère et non pas celui de Diodétien, il s'introduisit une coutume qui fut moins un changement qu'une révolution.
De plus, l'envie qu'eut Constantin de faire une ville nouvelle, la vanité de lui donner son nom , le déterminèrent à porter en Orient le siège de l'empire. Quoique l'enceinte de Rome ne fût pas à beaucoup près si grande qu'elle est à présent, les faubourgs en étoient prodigieusement étendus' : l'Italie, pleine de maisons de plaisance , n'étoit proprement que le jardin de Rome ; les laboureurs étoient en Sicile, en Afrique, en Egypte <; et les jardiniers, en Italie : les terres n'étoient presque cultivées que par les esclaves des citoyens romains. Mais , lorsque le siège de l'empire fut établi
A. Yoy. ce qae les aatears nous disent de la cour de Constantin, de Valons, etc.