‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 2)Chapitre 73 sur 244 · Voy. Ammien BfarceUin, Uv.'XXyiI · texte numérisé non relu

Voy. Ammien BfarceUin, Uv.'XXyiI

ftit bien des ohangemens '; et, le commerce B*étant établi, des pays qui ne produisoient point de chevaux en ont donné , et on en a rait usage *.

Constantin, fils d*Héraclius, ayant été empoisonné, et son fils Constant tué en Sicile, Constantin le Barbu, son fils aîné, lui succéda *. Les grands des provinces d*Orîent 8*étant assemblés , ils voulurent couronner ses deux autres firères, soutenant que, comme il &ut croire en la Trinité, aussi étoit-il raisonnable d'avoir trois empereurs.

Lliistoire grecque est pleine de traits pareils; et le petit esprit étant parvenu à faire le caractère de la nation , il n*y eut plus de sagesse dans les entreprises, et Ton vit des troubles sans cause et des révolutions sans motifs.

Une bigoterie universelle abattit les courages et engourdit tout Tempire. Constantinople est, à proprement parler, le seul pays d*Orient où la religion chrétienne ait été dominante. Or, cette lâcheté, cette paresse, cette mollesse des nations d'Asie, se mêlèrent dans la dévotion même. Entre mille exemples, je ne veux que Phi- Ilppicus, général de Maurice, qui, étant près de donner une bataille , se mit à pleurer , dans la considération du grand nombre de gens qui alloient être tués *,

Ce sont bien d'autres larmes , celles de ces Arabes qui pleurèrent de douleur de ce que leur général avoit fait une trêve qui les empêchoit de répandre le sang des chrétiens *.

C'est que la différence est totale entre une armée fanatique et une armée bigote. On le vit dans nos temps modernes, dans une révolution fameuse , lorsque l'armée de Cromwell étoit comme celle des Arabes, et les armées d'Irlande et d'Ecosse comme celle des Grecs.

Une superstition grossière , qui abaisse l'esprit autant que la religion l'élève, plaça toute la vertu et toute la confiance des hommes dans une ignorante stupidité pour les images ; et l'on vit des généraux lever un siège • et perdre une ville ' pour avoir une relique.

La religion chrétienne dégénéra sous l'empire grec, au point où elle étoit de nos jours chez les Moscovites, avant que le czar

I • Le climat n'y est plus aussi froid que le disoient les anciens.

2. César dit que les chevaux des Germains étoient vUains et petits. (Guerre des Gaules, liy. lY, cbap. ix.) Et Tacite, Des mœurs des Germains^ ^ 6, dit : « Germania pecomm fœcunda, sed pleraque improcera. » . . 3. Zonaras, Vie de Constantin le Barbu, . .

i. Théophilacte, liv. II, chap. m. Histoire de l'empereur Maurice,

5. Histoire de la conquête de la Sjrrie, de la Perse et de l'Egypte par les Sarrasins, par M. Ockley.

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