‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 3)Chapitre 52 sur 158 · LE PREMIER EUNUQUE NOIR A USBEK · texte numérisé non relu

LE PREMIER EUNUQUE NOIR A USBEK

Ismaël, un de tes eunuques noirs, vient de mourir, magnifique seigneur; et je ne puis m'empêcher de le remplacer. Comme les eimuques sont extrêmement rares à présent, j'avois pensé de me servir d'un esclave noir que tu as à la campagne; mais je n'ai pu jusqu'ici le porter à souffrir qu'on le consacrât à cet emploi. Coâime je vois qu'au bout du compte c'est son avantage, je voulus l'autre jour user à son égstrd d'un peu de rigueur; et j de concert avec l'intendant de tes jardins, j'ordonnai que , malgré lui , on le mît en état de te rendre les services qui flattent le plus ton cœur, et de vivre comme moi dans ces redoutables lieux qu'il n'ose pas même regarder: mais il se mit à hurler comme si on avoit voulu l'écorcher , et fit tant qu'il échappa de nos mains et évita le fatal couteau. Je viens d'apprendre qu'il veut t'écrire pour te demander grâce ^ soutenant que je n'ai conçu ce dessein que par un désir insatiable de vengeance sur certaines railleries piquantes qu'il

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ditt avoir bâtes de moi. Cependant je te jure par les cent mille prophètes que je n'ai agi que poui^ le bien de ton service, la seule chose qui me soit chère, et hors laquelle je ne regarde rien. Je me prosterne à tes pieds.

Du sérail de Fatmé, le 7 do la lune de Maliarram, 171 S.

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