‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 4)Chapitre 103 sur 168 · LETTRE LXXVIII · texte numérisé non relu

LETTRE LXXVIII

KICA A USBER,

Je t'envoie la copie d'une lettre qu'un François qui est en Espagne a écrite ici ; je crois que tu seras bien aise de la voir.

Je parcours depuis six mois FEspagne et le Por-tugal , et je vis parmi des peuples qui , méprisant tous les autres, font aux seuls François Thonneur de les hair.

La gravité est le caractère brillant des deux nations : elle se manifeste principalement de deux manières, par les lunettes et par la moustache.

Les lunettes font voir démonstrativement que. celui qui les porte est un homme consommé dans les sciences et enseveli dans de profondes lectures, à un tel point que sa vue en est afibiblie; et tout nez qui en est orné ou chargé peut passer sans contredit pour le nez d'un savant.

Quant à la moustache , elle est respectable par elle-même , et indépendamment des conséquences ; quoiqu'on ne laisse pas d'en tirer quelquefois de grandes utilités pour le service du prince et l'hon* neur de la nation , comme le fit bien voir un fa«

meux général portugais dans les Indes (i) : car, se

(1) Jean de Castro.

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