LETTRE I
USBEK A50N AMI RUSTAN, A Itpaliaii.
Nous n'avons séjourné qu'un jour à Com. Lorsque Doas eûmes fait nos dévotions sur le tombeau de la vierge qui a mis au monde douze prophètes , nous nous remîmes en chemin; et hier, vingt-cinquième jour de notre départ dlspahan , nous arrivâmes à Tauris.
Rica et moi sommes peut-être les premiers parmi les Persans que Tenvie de savoir ait fait sortir de leur pays , et qui aient renoncé aux douceurs d'une vie tranquille pour aller chercher laborieusement la sagesse.
Nous sommes nés dans un royaume florissant ; mais nous n'avons pas cru que ses bornes fussent celles de nos connoissances , et que la lumière oricn* taie dût seule nous éclairer.
Mande-moi ce que Ton dit de notre voyage ; ne me Qatte point : je ne compte pas sur un grand nombre d'approbateurs. Adresse ta lettre à Erzeron , ou je séjournerai quelque temps. Adieu , mon cher Rustan. Sois assuré qu'en quelque lieu du monde oîi je sois y tu as un ami fidèle.
De Tauris, le i^ de la lune de Saphar, 17x1.