‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 4)Chapitre 97 sur 168 · USBEK A ZÉLIS · texte numérisé non relu

USBEK A ZÉLIS

Je plains Soliman , d autant plus que le mal est sans remède , et que son gendre n'a fait que se servir de la liberté de ta loi. Je trouve cette loi bien dure d'exposer ainsi l'honneur d'une famille aux caprices d'un fou. On a beau dire que l'on a des indices certains pour connottre k vérité : c'est une vieille erreur xlont on est aujourd'hui revenu parmi nous; et nos médecins donnent des raisons invincibles de l'incertitude de ces preuves. Il n'y a pas jusqu'aux chrétiens qui ne les regardent comme chimériques, quoiqu'elles soient clairement établies par leurs livres sacrés , et que leur ancien législateur

en ait fait dépendre Tinnocence ou la condamnation de toutes les filles.

rapprends avec plaisir le soin que tu te donnes de réducation de la tienne. Dieu veuille que son mari la trouve aussi belle et aussi pure que Fatima; quelle ait dix eunuques pour la garder; qu'elle soit rhonneur et Tornement du sërail oîi elle est destinée ; qu'elle n'ait sur sa tête que des lambris dorés , et ne marche que sur des tapis superbes ! Et , pour comble de souhaits, puissent mes yeux la voir dans toute sa gloire !

De Paris f le ^ de la lune de Chalval^ I7i4-

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