Tome V. ji
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Le bas est le sublime du peuple , qui aim? avoir u^e chose faite pour Lui, et qui est à sa portée.
Les idées, qui se présentent aux gens qui soat bien élevés et qui opt i^n gf and esprit sont ou naïves, ou nobles, ou sublimer .
Lorsqu'une chose nous est montrée avec des circonstances ou des accessoires qui Tagrandis* sent, cela nous paroit* noble j cela.se sent surtout dans les comparaisons, où Tesprit^ittoujoujES gagner et jamais perdre ;car ellesdoivent toujpurs ajouter quelque chose , faire voir la chose plus gpande, ou , s'il ne s'agit pas de grandeur, plus< fine et plus délicate : maïs il faut bîen^e donner de garde de montrer à l'àme un rapport dans le. bas ; car t^Ue se le seroit caché, st.elle^ l'avpitd^couverL
LorsquUl s'agit de montrer des choses fines, rame aime miei^x voir comparer une manière à. une manière , une action à une action , qu'une chose à une chose. Comparer -en général un homme courageux à un lion , une femme à un astre, un homme léger à un cerf, cela est aisé. Mais lorsque La Fontaine commence ainsi une de ses fables ,
Entre les pâtes d*un lûon Un rat sortit de terre asses à.rétourdie^ Le roi des animaux , en cette occasion , Montra ce qu'il étoit , et lui donna la vie :
il compare les modifications de l'âme du roi des animaux avec les modifications de l'âme d'un véritable roi.
SUR LE GbUT. i64
Michel-Ange est le maître pour donner de la noblesse à tous ses sujets. Dans son fameux Bacchus, il ne fait point comme les peintres de ï'iandre, qui nous montrent une figure tombante, et qui est, pour ainsi dire en Pair; cela seroit indigne de la majesté d'un dieu : il le peint ferme sur ses jambes ; mais il lui donne si bien la gaîté dé l'ivresse , et le plaisir à voir couler la liqueur qu'il verse dans sa coupe , qu'il n'y a rien de si admirable.
Dans la Passion qui est dans la galerie de Florence, il a peint la Vierge debout, qui r^arde son fils crucifié , sans douleur , sans pitié , sans regret , sans larmes. Il la suppose instruite de ce grand mystère , et par là lui fait soutenir* avec grandeur le spectacle de cette mort
Il n'y a point d'ouvrage de Michel-Ange où il n'ait mis quelque chose de noble : on trouve du grand dans ses ébauches mêmes, comme dans les vers que Virgile n'a point finis.
Jules Romain , dans sa chambre des Géans à Mantoue , où il a représenté Jupiter qui les foudroie, fait voir tous les dieux effrayés. Tflah Junon est auprès de Jupiter; elle lui montre d'un air assuré un géant sur lequel il faut qu'il lance la foudre : par là il lui donne un air de grandeur que n'ont pas les autres dieux. Pl*s ils sont près de Jupiter , plus ils sont rassurés : et cela est bien naturel ; car, dans une bataille , la frayeuj: cesse auprès de celui qui a de l'avantage.
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