CHANSON
Nous n’avons pour philosophie Que l’amour de la liberté.
Plaisir, douceurs sans flatterie ,
Volupté,
Portez dans cette compagnie La gaîté.
Le nocher qui prévoit l’orage Craint encor, quand le port est bon.
Éternisons du badinage La saison :
1 Cette pièce avait été donnée par Montesquieu à un de ses amis , à condition de ne la point faire voir, disant que c’était une plaisanterie faite dans un moment d’humeur, d’autant qu’il ne s’était jamais piqué d’être poète. Il la fit étant embarqué pour partir de Gènes, où il disait s’être beaucoup ennuyé, parce qu’il n’y avait formé aucune liaison, ni trouvé aucun de ces empressements qu’on lui avait marqués partout ailleurs en Italie.
- ETTRES.
On manque , à force d’être sage , De raison.
Le fier Caton , quand il se perce , Se livre à ses noires fureurs :
Anacréon, qui fait commerce De douceurs,
Attend le trépas et se berce
Sur des fleurs.
Que chacun boive à sa conquête.
Ne vous en fâchez pas, époux ;
Le sort que la nuit vous apprête Est plus doux :
Mais vos femmes , dans cette fête,
Sont à nous.
EHAffSON*
Amour, après mainte victoire , Croyant régner seul dans les deux , Allait bravant les autres dieux , Vantant son triomphe et sa gloire.
Eux à la fin, qui se lassèrent De voir l’insolente façon De ce tant Superbe garçon ,
Du ciel , par dépit, le chassèrent.
Banni du ciel , il vole en terre ,
Bien résolu de se venger.
Dans vos yeux il vint se loger,
Pour de là faire aux dieux la guerre.
Mais ces yeux d’étrange nature L’ont si doucement retenu ,
Qu’il ne s’est depuis souvenu Du ciel , des dieux , ni de l’injure.