‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 1057 sur 1159 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

Vous m’avez bien envoyé l’extrait de ma lettre ; mais il y a des points qui ne valent rien. Je vous avais mandé que je vous enverrais une partie de mon ouvrage, mais que, quand vous l’auriez reçue , vous ne vous amuseriez plus à autre chose ; là-dessus vous êtes parti pour faire toutes vos courses , au lieu d’attendre mon manuscrit. Mon cher ami, quand il y aura une métempsycose, vous renaîtrez pour faire la profession de voyageur; je vous conseille de commencer à vous faire dérater. Mais • venons au fait.

Dans trois mois d’ici vous recevrez quinze ou vingt livres , qui n’ont besoin que d’être relus et recopiés ; c’est-à-dire de cinq parties vous en rece-

1 e* I sntre était vrai. Ce ministre , s’apercevant que son crédit étad fort baissé , tomba dans une maladie lente , et mourut au milieu des douleurs et des rugissements.

2 L abbé le Beuf , chanoine d’Auxerre , et depuis membre

de 1 académie des inscriptions et belles-lettres, remporta deux ou trois prix à cette académie. Ses dissertations sont pleines d’utiles recherches.

vrez trois, qui feront le premier volume; et apres cela je travaillerai au second, que vous recevrez deux ou trois mois après. S’il ne vous reste plus de courses littéraires ou gtlantes à faire dans le Languedoc, vous ferez bien d’aller reprendre votre poste de confesseur de mademoiselle de Montesquieu , ou celui de pénitent de M. l’évêque d’Agen.

Quoi qu’il en soit , en quelque endroit que vous me marquiez , je vous enverrai à la fin d’avril le premier volume. Si vous croyez avoir besoin d’un passeport de la cour, je serai votre pis-aller : croyant qu’il vaut mieux que vous employiez pour cela M. le Nain ou M. de Tourni; ce que je ne dis point du tout pour me dispenser de faire la chose, mais parce que les intendants ont plus de crédit qu’un exprésident. Je vous embrasse de tout mon cœur.

De Paris, le 20 février 1747.

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