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Madame de Montesquieu, M. le doyen de Saint- Surin, et moi, sommes actuellement à Baron, qui I3t une maison entre deux mers, que vous n’avez point vue. Mon fils est à Clérac, que je lui ai donné pour son domaine avec Montesquieu. Je pars dans quelques jours pour Nisor, abbaye de mon frère : nous passerons par Toulouse, où je rendrai mes respects à Clémence Isaure 1 , que vous connaissez si bien. Si vous y gagnez le prix, mandez-le-moi ; je prendrai votre médaille en passant : aussi bien n’avez-vous plus la ressource des intendants. Il vous faudrait un homme uniquement occupé à recueillir les médailles que vous remportez. Si vous voulez, je ferai aussi à Toulouse une visite de votre part à votre muse, madame Montégu 2 , pourvu que je ne sois pas obligé de lui parler, comme vous faites, en langage poétique.
Je vous dirai pour nouvelle que les jurats comblent dans ce moment les excavations qu’ils avaient faites devant l’académie. Si les Hollandais avaient aussi bien défendu Berg-op-Zoom que monsieur notre intendant 3 a défendu ses fossés, nous n’aurions pas aujourd’hui la paix. C’est une terrible chose que de plaider contre un intendant; mais c’est une chose bien douce que de gagner un procès contre un intendant. Si vous avez quelque relation avec M. de Larrey, à la Haye, parlez-lui, je vous prie, de notre tendre amitié. Je suis bien aise d’apprendre son crédit à la cour du stathouder : il mérite la confiance qu’on a en lui. Je vous embrasse, mon cher ami , de tout mon cœur.
De Raymond en Gascogne , le 8 août 1752.