CHAPITRE IX
Du principe du gouvernement despotique.
Comme il faut de la vertu dans une république , et dans une monarchie de Vhonneur , il faut de la crainte dans un gouvernement despotique 2 : pour la vertu , elle n'y est point nécessaire , et l’honneur y serait dangereux.
1 Voyez Perry, page 447. •
2 Ou a beaucoup combattu, et Voltaire plus que tout autre, le système général du livre qui établit , comme principe des trois gouvernements connus dans le monde , la vertu pour les républiques , l’honneur pour les monarchies , la crainte pour les États despotiques. On est généralement d’accord avec l’auteur sur le dernier : on a fort iucidenté sur les deux autres. Je pense que Montesquieu eut prévenu beaucoup de difficultés , s’il fui entré dans son plan et dans son genre d’esprit de s’occuper beaucoup des objections ; mais il est évident qu’il ne songe qu’à construire la série des ses idées , et je conçois ses motifs. Son entreprise. était si considérable, à raison de ce
j qu’il y voyait; la carrière qu’il mesurait de l'œil était si éten- , due , et le’terme lui en paraissait si éloigné , qu'il pouvait i craindre que celui de sa vie ne l’arrêtât en deçà ; et en effet,
! il avait à peine atteint le premier, qu’il touchait a l’autre. Il ne survécut que peu d’années à la publication de V Esprit des Lois *. S’il eût voulu contro verser, ne fut-ce que sur les points principaux , son ouvrage n’avait plus de mesure , et il était également de l’intérêt public et de la gloire de l’auteur de resserrer l’ouvrage et de l’achever. (La. H.)
* La première édition parut en 1748, et Montesquieu mourut ea