‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 246 sur 1159 · CHAPITRE IY · texte numérisé non relu

CHAPITRE IY

Différence des effets de l’éducation chez les anciens et parmi nous.

La plupart des peuples anciens vivaient dans des gouvernements qui ont la vertu pour principe ; et , lorsqu’elle y était dans sa force , on y faisait

1 L’extrême obéissance suppose de la soumission , et non de I ignorance , dans celui qui obéit. Si l’obéissance supposait l’ignorance , il s’ensuivrait que dans les monarchies , dont la soumission est le principe , les ordres du monarque seraient toujours mal compris et mal exécutés : ce qui conduirait infailliblement l’Etat à sa ruine. (D.) — Cette réflexion est excellente en elle-même , et c’est pour cela que nous l’avons rapportée ; mais son application manque de justesse : tout le monde voit que , par les mots extrême obéissance , il faut entendre ici une obéissance aveugle.

2 Politiq. liv. I.

3 Comment cela se pourrait-il ? ils n’ont point de volonté. (H.)

des choses que nous ne voyons plus aujourd’hui , et qui étonnent nos petites âmes. Leur éducation avait un autre avantage sur la nôtre : elle n’était jamais démentie. Épaminondas, la dernière année de sa vie, disait, écoutait, voyait, faisait les mêmes choses que dans l’âge où il avait commencé d’être instruit.

Aujourd’hui, nous recevons trois éducations différentes ou contraires : celle de nos pères , celle de nos maîtres, celle du monde. Ce qu’on nous dit dans la dernière renverse toutes les idées des premières. Cela vient, en quelque partie, du com traste qu’il y a parmi nous entre les engagements de la religion et ceux du monde 1 : choses que les anciens ne connaissaient pas 2.

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