LIVRE IV, CHAPITRE VL
confié à chaque citoyen. Or le gouvernement est comme toutes les choses du monde : pour le conserver, il faut l’aimer.
On n’a jamais ouï dire que les rois n’aimassent pas la monarchie, et que les despotes haïssent le despotisme.
Tout dépend donc d’établir dans la république cet amour; et c’est à l’inspirer que l’éducation doit être attentive. Mais, pour que les enfants puissent l’avoir, il y a un moyen sûr, c’est que les pères l’aient eux-mêmes.
On est ordinairement le maître de donner à ses enfants ses connaissances : on l’est encore plus de Æur donner ses passions.
Si cela n’arrive pas, c’est que ce quia été fait dans h maison paternelle est détruit par les impressions il u dehors. v
Ce n’est point le peuple naissant qui dégénère; il ne se perd que lorsque les hommes faits sont déjà corrompus.