CHAPITRE VIII
De la continence publique.
11 y a tant d’imperfections attachées à la perte de la vertu dans les femmes , toute leur âme en est si fort dégradée , ce point principal ôté en fait tomber tant d’autres , que l’on peut regarder dans un État populaire l’incontinence publique comme le dernier des malheurs , et la certitude d’un changement dans la constitution.
Aussi les bons législateurs y ont-ils exigé des femmes une certaine gravité de mœurs. Ils ont proscrit de leurs républiques non-seulement le vice, mais l’apparence même du vice. Ils ont banni jusqu’à ce commerce de galanterie qui produit l’oisiveté, qui fait que les femmes corrompent avant même d’être corrompues , qui donne un prix à tous les riens, et rabaisse ce qui est important , et qui fait que l’on ne se conduit plus que sur les maximes du ridicule , que les femmes entendent si bien à établir.