‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 372 sur 1159 · CHAPITRE' III · texte numérisé non relu

CHAPITRE' III

Ce que c’est que la liberté.

11 est vrai que dans les démocraties le peuple paraît faire ce qu’il veut; mais la liberté politique ne consiste point àfaire ce que l’on veut. Dans un État, c’està-dire dans une société où il y a des lois, la liberté ne peut consister qu’à pouvoir faire ce que l’on doit vouloir, et à n’être point contraint de faire ce que l’on ne doit pas vouloir.

11 faut se mettre dans l’esprit ce que c’est que l’indépendance, et ce que c’est que la liberté. La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent 4 ; et si un citoyen pouvait faire ce qu’elles

1 « J’ai, dit Cicéron, copié l’édit de Scévola, qui permet aux Grecs de terminer entre eux leurs différends, selon leurs lois ;

« ce qui fait qu’ils se regardent comme des peuples libres. »

2 Lps Moscovites ne pouvaient souffrir que le czar Pierre la leur fit couper. — Voyez Y État présent de la grande Russie , par Perry, p. 187 , 188; la Haye, 1717. (P.)

3 Les Cappadociens refusèrent l’État républicain , que leur offrirent les Romains.

4 Omîtes le g um servi surnus utliberi esse possimus. (Ci— CERO, pro Cluentio, § 53.) — Il est inutile d’ajouter qu’il ne s agit ici que des bonnes lois : car des lois absurdes ou cruelles

| défendent, il n’aurait plus de liberté , parce que les autres auraient tout de même ce pouvoir.

Page 1