LIVRE XI, CHAPITRE XIX. l>7î
Il ne voulut plus rester dans la ville avec de telles gens.
« Les Italiens, dit encore Diodore S achetaient « en Sicile des troupes d’esclaves pour labourer « leurs champs et avoir soin de leurs troupeaux ; « ils leur refusaient la nourriture. Ces malheureux « étaient obligés d’aller voler sur les grands che- « mins, armés de lances et de massues, couverts « de peaux de bêtes, de grands chiens autour d’eux. « Toute la province fut dévastée , et les gens du « pays ne pouvaient dire avoir en propre que ce « qui était dans l’enceinte des villes. Il n’y avait ni « proconsul ni préteur qui pût ou voulût s’opposer « à ce désordre, et qui osât punir ces esclaves, « parce qu’ils appartenaient aux chévaliers, qui « avaient à Rome les jugements 2. » Ce fut pourtant une des causes de la guerre des esclaves. Je ne dirai qu’un mot : une profession qui n’a ni ne peut avoir d’objet que le gain ; une profession qui demandait toujours, et à qui on ne demandait rien ; une profession sourde et inexorable, qui appauvrissait les richesses et la misère même, ne devait point avoir à Rome les jugements.