‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 460 sur 1159 · LIVRE XIV, CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIV, CHAPITRE XIII

Comme il est de la sagesse des législateurs de veiller à la santé des citoyens , il eût été très-sensé d’arrêter cette communication par des lois faites sur le plan des lois mosaïques.

La peste est un mal dont les ravages sont encore plus prompts et plus rapides. Son siège principal est en Égypte , d’où elle se répand par tout l’univers. On a fait, dans la plupart des États de l’Europe, de très-bons règlements pour l’empêcher d’y pénétrer, et on a imaginé de nos jours un moyen admirable de l’arrêter : on forme une ligne de troupes autour du pays infecté , qui empêche toute communication.

Les Turcs x, qui n’ont à cet égard aucune police, voient les chrétiens dans la même ville échapper au danger, et eux seuls périr. Ils achètent les habits des pestiférés, s’en vêtissent, et vont leur train 1 2. La doctrine d’un destin rigide qui règle tout fait du magistrat un spectateur tranquille : il pense que Dieu a déjà tout fait, et que lui n’a rien à faire.

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