CHAPITRE XV
Du divorce et de la répudiation.
Il y a cette différence entre le divorce et la répudiation , que le divorce se fait par un consentement mutuel à l’occasion d’une incompatibilité mutuelle; au lieu que la répudiation se fait par la volonté et pour l’avantage d’une des deux parties , indépendamment de la volonté et de l’avantage de l’autre.
Il est quelquefois si nécessaire aux femmes de répudier, et il leur est toujours si fâcheux de le faire , que la loi est dure , qui donne ce droit aux hommes sans le donner aux femmes. Un mari est le maître de la maison : il a mille moyens de tenir ou de remettre ses femmes dans le devoir ; et il semble que , dans ses mains , la répudiation ne soit qu’un nouvel abus de sa puissance. Mais une femme qui répudie n’exerce qu’un triste remède. C’est toujours un grand malheur pour elle d’être contrainte d’al-
1 Ceci n’est point exact. Les eunuques ne sont que pour la garde des femmes, pour les servir, et pour toutes les affaires du dehors , auxquelles des femmes presque toujours enfermées ne peuvent vaquer. Mais le gouvernement intérieur et domestique leur appartient , et les eunuques ne s’en mêlent pas. (Güïs, Lettres sur la Grèce , n° xxx. (P.)
2 Les Persans disent que les femmes nq servent qu’à la génération , et ils n’en font aucun cas pour leur adresse , pour leur esprit et pour leur application à toutes sortes d’ouvrages : aussi ne se mêlent-elles communément de rien , pas même du ménage. Elles passent leur vie dans la nonchalance, l’oisiveté et la mollesse , étant tout le jour occupées , ou à se faire frotter par de petites esclaves , ce qui est une des plus grandes voluptés des Asiatiques; ou à fumer le tabac du pays, qui est si doux que l’on en peut prendre du matin au soir sans en être incommodé ; les moins vicieuses s’appliquent à des ouvrages à l’aiguille , qu’elles font très-bien : on leur donne leur nourriture tout apprêtée, et quelquefois leurs habits tout faits, comme on ferait à des enfants. (Chardin , V oyage en Perse , Descript. du gouv. chap. xn ) (P.)