‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 503 sur 1159 · LIVRE XVI, CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI, CHAPITRE XVI

1er chercher un second mari , lorsqu’elle a perdu la plupart de ses agréments chez un autre. C’est un des avantages des charmes de la jeunesse dans les femmes que, dans un âge avancé, un mari se porte à la bienveillance par le souvenir de ses plaisirs.

C’est donc une règle générale que, dans tous les pays où la loi accorde aux hommes la faculté de répudier, elle doit aussi l’accorder aux femmes. Il y a plus : dans les climats où les femmes vivent sous un esclavage domestique, il semble que la loi doive permettre aux femmes la répudiation , et aux maris seulement le divorce.

Lorsque les femmes sont dans un sérail , le mari ne peut répudier pour cause d’incompatibilité de mœurs : c’est la faute du mari , si les mœurs sont incompatibles.

La répudiation pour raison de la stérilité de la femme ne saurait avoir lieu que dans le cas d’une femme unique 1 : lorsque l’on a plusieurs femmes , cette raison n’est , pour le mari , d’aucune importance.

La loi des Maldives 2 permet de reprendre une femme qu’on a répudiée. La loi du Mexique 3 * défendait de se réunir, sous peine de la vie. La loi du Mexique était plus sensée que celle des Maldives : dans le temps même de la dissolution, elle songeait à l’éternité du mariage; au lieu que la loi des Maldives semble se jouer également du mariage et de la répudiation.

La loi du Mexique n’accordait que le divorce. C’était une nouvelle raison pour ne point permettre à des gens qui s’étaient volontairement séparés de se réunir. La répudiation semble plutôt tenir à la promptitude de l’esprit et à quelque passion de l’âme; le divorce semble être une affaire de conseil.

Le divorce a ordinairement une grande utilité politique ; et quant à l’utilité civile , il est établi pour le mari et pour la femme , et n’est pas toujours favorable aux enfants.

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