CHAPITRE IL
Différence des peuples par rapport au courage.
Nous avons déjà dit que la grande chaleur énervait la force et le courage des hommes , et qu’il y avait dans les climats froids une certaine force de corps et d’esprit qui rendait les hommes capables des actions longues , pénibles , grandes et hardies 3.
1 Au liv. xxm , chap. xxi.
2 Plus on médite ce principe, établi par Montesquieu, plus on en sent la vérité ; plus on le conteste, plus on donne occasio n de l’établir par de nouvelles preuves. Dans tous les gouvernements du monde, la personne publique consomme et ne produit rien. D’où lui vient donc la substance consommée? du travail de ses membres. C’est le superflu des particuliers qui produit le nécessaire du public. D’où il suit que l’état civil ne peut subsister qu autant que le travail des hommes rend au delà de leurs besoins. Or, cet excédant n’est pas le même dans tous les pays du monde. Dans plusieurs il est considérable , dans d’au très médiocre, dans d’autres nul, dans d’autres négatif. Ce rapport dépend de la fertilité du climat, de la sorte de travail que la terre exige, de la nature de ses productions, de la force de ses habitants, de la plus ou moins grande consommation qui leur est nécessaire, et de plusieurs autres rapports semblables desquels il est composé. (J. J. Rousseau, Contrat social, liv. I , ch. vm.)
3 Suivant l’historien de Thou, le froid apportait une grande altération dans le tempérament de Henri IH ; ce prince s’abandonnait alors à une mélancolie profonde, dormait peu, travaillait sans relâche, tourmentait ses ministres, et décidait les affaires en homme qui se laisse dominer par une humeur austèr e : ce qui ne lui arrivait jamais dans les autres temps de l’année. A la suite de ces observations générales, de Thou raconte que s’étant arrêté chez le chancelier de Chiverni , en se rendant à Blois, où était la cour, le chancelier lui dit que si, pendant la gelée, le duc de Guise continuait de chagriner le roi, ce prince