‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 544 sur 1159 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

De l’adoption chez les Germains.

Comme chez les Germains on devenait majeur en recevant les armes, on était adopté par le même signe. Ainsi Gontran voulant déclarer majeur son neveu Childebert, et de plus l’adopter, il lui dit : « J’ai mis 3 cejaveiot dans tes mains, comme un signe « que je t’ai donné mon royaume. » Et se tournant vers l’assemblée : « Vous voyez que mon fils Childe- « bert est devenu un homme; obéissez-lui. » Théodoric, roi des Ostrogoths, voulant adopter le roi des Hérules, lui écrivit 4 : « C’est une belle chose, parmi « nous, de pouvoir être adopté par les armes ; car les « hommes courageux sont les seuls qui méritent de « devenir nos enfants. Il y a une telle force dans cet « acte, que celui qui en est l’objet aimera toujours « mieux mourir que de souffrir quelque chose de « honteux. Ainsi , par la coutume des nations , et « parce que vous êtes un homme, nous vous adoptons « par ces boucliers, ces épées, ces chevaux, que « nous vous envoyons. »

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