‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 547 sur 1159 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

De l’autorité du clergé dans la première race.

Chez les peuples barbares , les prêtres ont ordinairement du pouvoir, parce qu’ils ont, et l’autorité qu’ils doivent tenir de la religion, et la puissance que chez des peuples pareils donne la superstition. Aussi voyons-nous, dans Tacite, que les prêtres étaient fort accrédités chez les Germains, qu'ils mettaient la police 1 dans l’assemblée du peuple. Il n’était permis 2 qu’à eux de châtier, de lier, de frapper : ce qu’ils faisaient , non pas par un ordre du prince, ni pour infliger une peine , mais comme par une inspiration de la divinité, toujours présente à ceux qui font la guerre.

Il ne faut pas être étonné si, dès le commencement de la première race , on voit les évêques arbitres 3 des jugements , si on les voit paraître dans les assemblées de la nation , s’ils influent si fort dans les résolutions des rois, et si on leur donne tant de biens 4.

•es E-seses

Page 1