‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 683 sur 1159 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Des vues du législateur sur la propagation de l’espèce.

Les règlements sur le nombre des citoyens dépendent beaucoup des circonstances. Il y a des pays où la nature a tout fait; le législateur n’y a donc rien à faire. A quoi bon engager, par des lois, à la propagation, lorsque la fécondité du climat donne assez de peuple ? Quelquefois le climat est plus favorable que le terrain; le peuple s’y multiplie , et les famines le détruisent : c’est le cas où se trouve la Chine; aussi un père y vend-il ses filles, et expose-t-il ses enfants. Les mêmes causes opèrent au Tonquin les mêmes effets 2 ; et il ne faut pas , comme les voyageurs arabes dont Renaudot nous a donné la relation 3, aller chercher l’opinion de la métempsycose pour cela.

Les mêmes raisons font que dans l’île Formose 4 la religion ne permet pas aux femmes de mettre des enfants au monde qu’elles n’aient trente-cinq ans : avant cet âge, la prêtresse leur foule le ventre , et les fait avorter.

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