CHAPITRE XXI
Des lois des Romains sur la propagation de l’espèce.
Les anciennes lois de Rome cherchèrent beaucoup à déterminer les citoyens au mariage. Le sénat et le peuple firent souvent des règlements là-dessus comme le dit Auguste dans sa harangue rapportée par Dion a.
Denys d’Halicarnasse 3 * n*3 peut croire qu’après la mort des trois cent cinq Fabiens, exterminés par les Yéiens , il ne fût resté de cette race qu’un seul enfant , parce que la loi ancienne qui ordonnait à chaque citoyen dé se marier et d’élever tous ses enfants était encore dans sa vigueur 4.
Indépendamment des lois, les censeurs eurent l’œil sur les mariages; et, selon les besoins de k république, ils y engagèrent et par la honte 5 et par les peines.
Les mœurs, qui commencèrent à se corrompre contribuèrent beaucoup à dégoûter les citoyens du mariage , qui n’a que des peines pour ceux qui n’ont plus de sens pour les plaisirs de l’innocence. C’est l’esprit de cette harangue 6 que Métellus Numidicus fit au peuple dans sa censure. « S’il était poste sible de n’avoir point de femme , nous nous dé- « livrerions de ce mal ; mais , comme la nature a « établi que l’on ne peut guère vivre heureux avec « elles , ni subsister sans elles , il faut avoir plus « d’égard à notre conservation qu’à des satisfac- « tions passagères. »
La corruption des mœurs détruisit la censure, établie elle-même pour détruire la corruption des
1 Comme les sujets sont la richesse fondamentale des États , les anciens législateurs avaient ajouté au désir naturel de se multiplier tous les secours que la politique , l’intérêt et le préjugé avaient pu leur suggérer. Chez les Hébreux , le nouveau marié était exempt de toutes charges publiques pendant la première année de son mariage. Lycurgue donna beaucoup de licence aux tilles de Lacédémone pour engager les jeunes gens au mariage ; il nota d’infamie ceux qui ne voudraient pas se marier, et leur défendit de se trouver aux jeux publics des filles nues. Auguste établit un impôt sur tous ceux qui ne se marieraient pas après vingt-cinq ans , ou qui n’auraient poinj d’enfants ; et il accorda de grands privilèges à ceux qui et avaient le plus. (D.)
^ Liv. LVI.
3 Liv. n.
* L’an de Rome 277.
5 Voyez, sur ce qu’ils tirent à cet égard, Tite-Live, liv XLV; YÉpitome de Tite-Live, liv. LIX; Aulu-Gelle, liv. I, chap. vi ; Valère Maxime, liv. H, chap. ix.
e Elle est dans Aulu-Gelle , liv. I , chap. vi.