‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 710 sur 1159 · CHAPITRE VHI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VHI

De l’accord des lois de la morale avec celles de la religion.

Dans un pays où l’on a le malheur d’avoir une religion que Dieu n’a pas donnée , il est toujours nécessaire qu’elle s’accorde avec la morale 2, parce que la religion , même fausse , est le meilleur gavait, il la voulait amie de la liberté comme des lois, n’imaginant pas sans doute que ce qu’il y a de plus noble, de plus grand sur la terre, puisse mal s’accorder avec un présent du ciel. La religion, malgré sa sublime origine, par l’extrémité qui touche aux choses humaines, doit éprouver comme elles des vicissitudes et des retours ; mais elle est le premier gage de la civilisation moderne, qui, en s’unissant à sa divine existence, partage la garantie de sa durée, et semble échapper à la loi commune de la mortalité des empires. (M. Ville main , Éloge de Montesquieu.)

1 Voyez la Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques du sixième siècle , tome V, par M. Dupin.

2 Toute religion doit s’accorder avec la morale , parce qu’il serait cbntradictoire qu’une volonté particulière de la Divinité détruisit sa volonté générale. ( Éditeur anonyme de I7G4.)

Page 1