‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 727 sur 1159 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Des lois de religion locales.

Il y a beaucoup de lois locales dans les diverses religions. Et quand Montézuma s’obstinait tant à dire que la religion des Espagnols était bonne pour leur pays, et celle du Mexique pour le sien, il ne disait pas une absurdité , parce qu’en effet les législateurs n’ont pu s’empêcher d’avoir égard à ce que la nature avait établi avant eux.

L’opinion de la métempsycose est faite pour le climat des Indes. L’excessive chaleur brûle 2 toutes les campagnes ; on n’y peut nourrir que très-peu de bétail ; on est toujours en danger d’en manquer pour le labourage; les bœufs ne s’y multiplient3 que médiocrement, ils sont sujets à beaucoup de maladies : une loi de religion qui les conserve est donc très-convenable à la police du pays.

Pendant que les prairies sont brûlées , le riz et les légumes y croissent heureusement par les eaux qu’on y peut employer : une loi de religion qui ne permet que cette nourriture est donc très-utile aux hommes dans ces climats.

La chair 4 des bestiaux n’y a pas de goût , et le lait et le beurre qu’ils en tirent font une partie de leur subsistance : la loi qui défend de manger et de tuer des vaches n’est donc pas déraisonnable aux Indes.

travailler le lendemain, le protestant s’occupe avec assiduité et utilité pour l’État et pour lui aux ouvrages de sa profession; en sorte que supposant seulement dans le royaume cinq millions d’artisans, ouvriers, manœuvres et cultivateurs, de tout âge et de tout sexe, oisifs , et par conséquent inutiles durant cinquante jours , et perdant chacun cinq sous par jour, il en résulte pour l’État une perte journalière de 1,250,000 francs, qui, multipliés par cinquante, forment annuellement un total de 62,500,000 francs , dont les bénéfices de l’industrie se trouvent diminués. (D.)

1 Nouveaux F oyages autour du monde , tom. II.

V oyage de Bcrnier, tom. II, pag. 137.

3 Lettres édifiantes , douzième recueil , pag. 95.

* Voyage de Ber nier, tom. II, pag. 137.

Athènes avait dans son sein une multitude innombrable de peuple ; son territoire était stérile : ce fut une maxime religieuse, que ceux qui offraient aux dieux de certains petits présents les honoraient1 plus que ceux qui immolaient des bœufs.

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