‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 776 sur 1159 · CHAPITRE XXIY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIY

Que les règlements de police sont d’un autre ordre

que les autres lois civiles.

Il y a des criminels que le magistrat punit , il y en a d’autres qu’il corrige. Les premiers sont soumis à la puissance de la loi, les autres à son autorité ; ceux-là. sont retranchés de la société, on oblige ceux-ci de vivre selon les règles de la société.

Dans l’exercice de la police, c’est plutôt le magistrat qui punit que la loi; dans les jugements des crimes , c’est plutôt la loi qui punit que le magistrat. Les matières de police sont des choses de chaque instant , et où il ne s’agit ordinairement que de peu ; il n’y faut donc guère de formalités. Les actions de la police sont promptes, et elle s’exerce sur des choses qui reviennent tous les jours : les grandes punitions n’y sont donc pas propres. Elle s’occupe perpétuellement de détails : les grands exemples ne sont donc point faits pour elle. Elle a plutôt des règlements que des lois. Les gens qui relèvent d’elle sont sans cesse sous les yeux du magistrat : c’est donc la faute du magistrat s’ils tombent dans des

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