‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 805 sur 1159 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

De la preuve par l’eau bouillante , établie par la loi salique.

La loi salique admettait l’usage de la preuve par l’eau bouillante2; et comme cette épreuve était fort cruelle, 1 a loi prenait un tempérament pour en adoucir la rigueur3. Elle permettait à celui qui avait été ajourné pour venir faire la preuve par l’eau bouillante , de racheter sa main , du consentement de sa partie. L’accusateur, moyennant une certaine somme que la loi fixait, pouvait se contenter du serment de quelques témoins , qui déclaraient que l’accusé n’avait pas commis le crime; et c’était un cas particulier de la loi salique , dans lequel elle admettait la preuve négative.

civiles. Voyez aussi la loi des Thurmgiens, tit. I, §31 ; tit. vu, § 6 ; et tit. vin ; et la loi des Allemands , tit. lxxxix ; la loi des Bavarois, tit. vm , chap. ii , § 6 , et chap. ni, § I ; et tit. ix , chap. IV , § 4 ; la loi des Frisons , tit. il, § 3 ; et tit. xiv , § 4 ; la loi des Lombards, liv. I, tit. xxxii, § 3; et tit. xxxv, § I ; et liv. II, tit. xxxv, § 2.

1 Voyez ci-dessous le chapitre xvm , à la lin.

1 Et quelques autres lois des barbares aussi.

3 Tit. lv

Cette preuve était une chose de convention , que .la loi souffrait, mais qu’elle n’ordonnait pas. La loi donnait un certain dédommagement à l’accusateur, qui voulait permettre que l’accusé se défendît par une preuve négative : il était libre à l’accusateur de s’en rapporter au serment de l’accusé, comme il lui était libre de remettre le tort ou l’injure.

La loi donnait un tempérament1, pour qu’avant le jugement les parties, l’une dans la crainte d’une épreuve terrible , l’autre à la vue d’un petit dédommagement présent, terminassent leurs différends, et finissent leurs haines. On sent bien que cette preuve négative une fois consommée, il n’en fallait plus d’autre; et qu’ainsi la pratique du combat ne pouvait être une suite de cette disposition particulière de la loi salique.

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