‹ Œuvres complètes de Octave CrémazieChapitre 11 sur 33 · LE CANADA · texte numérisé non relu

LE CANADA

Jl est 80U8 le soleil un sol unique au monde, Où le del a versé ses dons les plus brillants, Où, répandant ses biens, la nature féconde A ses vastes forêts mêle ses lacs géant&

Sur ces bords enchantés notre mère, la France, A laissé de sa gloire un immortel sillon ; Précipitant ses flots vers l'Océan immense, JjQ noble Saint- Laurent redit encor son nom.

Heureux qui le connaît, plus heureux qui l'habite. Et, ne quittant jamais pour chercher d'autres deux Les rives du grand fleuve où le bonheur l'invite. Sait vivre et sait mourir où donnent ses aïeux !

Québec, 12 janvier 1858.

L'ALOUETTK

Voioi le Jour; u'entendB-tu pas le chant de l*aIouette qui n'élêTe snr Ut rlTe?

SHAKRaPBABB.

Alouette

Gentillette,

Ta voix jette Chaque matin un chant si radieux,

Si sonore

Que Taurore

Doute encore S'il naît sur terre ou s'il descend des cieux

Dans le hois solitaire, D'un chant mélodieux Le rossignol, ton frère.

Jette les sons joyeux.

Toi, sur la rive humide Où s'arrêtent les flots.

Ta voix douce et rapide Vient consoler nos maux.

Cest pour toi que Taurore Vient dissiper la nuit ; Pour toi le soleil dore Chaque fleur, chaque fruit; CTest pour toi que la rose, Ouvrant ses yeux pourprés, Répand, à peine éclose.

Ses parfums dans les prés.

Car ta voix matinale.

Saluant le soleil' Et la fleur virginale A son premier réveil.

Répand dans la nature Tous ses hrillants accords.

Et se mêle au murmure Des vagues sur nos bords.

Quand la nuit de son voile Assombrit Thorizon, A la première étoile Tu redis ta chanson ; Ainsi, douce alouette.

Ta voix chante toujours, Et la mort seule arrêta Tes chants et tes amours.

Au matin de nos jours, quand l'avenir en fleurs Etale devant nous ses riantes couleurs.

Nous trouvons dans notre âme.

Pour saluer la vie, un chant pur et joyeux. Car le bonheur alors brille devant nos yeux

Comme un rayon de flamme.

Mais, comme Talouette, à l'approche du soir, Brisés par la douleur, trompés dans leur espoir,

Nos cœurs pleins de tristesse Ne trouvent plus, hélas ! leurs accents du matin. Car ils ont tu se perdre, aux ronces du chemin. Les chants et les vertus qui charmaient leur jeunesse.

Québec, 3 février 1858.

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