‹ OEuvres complètes de Octave Crémazie, publiées sous le patronage de l'Institut canadien de QuébecChapitre 15 sur 42 · MGR DE MONTMORENCY-LAVAL EN CANADA · texte numérisé non relu

MGR DE MONTMORENCY-LAVAL EN CANADA

0 Canada, plus beau qu'un rayon de l'aurore, Te souvient-il dos jours où, tout couvert encore Du manteau verdoyant de tes vieilles for^'ts. Tu gardais pour toi miû ton fiouvo gijirantescjue, Tes lacs plus grands que ceux du i)oùnie dantesque Et tes monts dont le ciel couronne les sommets ?

Te souvient-il des jours où, mirant dans les ondes IjO feuillage orgueilleux do leurs branches fécondes, Tes immenses sapins saluaient ton réveil? Où déployant les dons de la grande nature, Tu montrais, reposant sur im lit de verdure, Ta sauvage grandeur aux rayons du soleil ?

Te souvient-il des jours où l'écho des montagnes

Chantait, comme un clairon, au milieu des campagna^,

L'hymne de l'Iroquois scalpant ses ennemis?

Où tes vieux héros morts, assemblés sur les grèves.

Venaient, pendant la nuit, illuminer les rêves

De tes sombres guerriers sur la rive endormis ?

Te souvient-il <lo« jours où, passant dans Toraj^e, liOs (lieux de tes forêts |X)rti's sur un nua^e, IX^ leurs lonjrs cris de jruerrt^ enivrant tes enfants, l>eur montraient dans la mort une vie immortelle. Où leur ûme suivrait une chasse oteruolle ly^normas caribous et d'orijrnaux géants ?

l'n jour, trou])lant le cours de tes onde« limpides, IX>s hommos étranjrers, sur leurs vaisseaux rapides. Vinrent [^oser leur tente au pie»! de tes jrrands Imis. Ils pliaient les genoux en touchant ton rivage ; Puis, au maître du ciel adressant leur hommage, riantaient un drajïeau blanc à <*ôté (Vune croix.

Kt prenant ce drai)eau, ces hommes au U^int pâle Portèrent les rayons t\o sa couleur d'<»i)ale Jusqu'aux bords sablonneux du vieux Meschacébr; Et devant cette croix, qui brillait dans te^ ombrées, Tu vis tes dieux vaincus pleurer sur les dcccanbn»s Amoncelés autour de leur autel tombe I

Te souvient-il des jours où, prêtre* et victimes, liOs llls de lx>yola, ces a|H>tres sublimcis, Fécondant de leur sang ton sol rcgênén', Kapi)elaient de la croix les splendeurs primitive*; Et, d'un martyre affreux sanctiliant tes rives. Laissaient à tes enfants leur souvenir sacré?

Pourquoi donc tous ces cris de bonheur et do fête ? Tes guerriers, ap])ortaut 1(« fruits do la conquête,

Rentrentrils dans tes murs, jeune Stadacona? L'îroquois, terrassé par la valeur huronne, A-t-il laissé tomber la terrible couronne Qu'au sein de la bataille Areskoui lui donna?

Ulroquois n'a i>as vu de sa main affaiblie Tomber le tomahawk ; dans son âme i-emplie Des farouches instincts légués par ses aïeux, La peur n'a pas encor pu trouver une place. I)e l'étendard français il brave la menace Et garde fièrement et sa gloire (^t ses dieux.

Ce n'est pas un héros illustre dans l'histoire

Qui vient, tout rayonnant des feux de la victoire,

Déposer à Quéljoc^ son glaive triomphant.

Celui vers qui s'élève, en ce jour d'allégresse,

Ce concert solennel de joie et de tendresse.

Est un homme encor jeune, au regard bienveillant.

liO signe rédempteur qui brille à sa poitrine

Annonce à tous les yeux sa mission divine.

Il s'en vient commander les soldats du Seigneur

Dans les vastes forêts où domine la Franc(\ ;

Et sans craindre jamais l'obstacle ou la souffrance,

11 s'avance où l'appelle une pieuse ardeur.

De cet amour divin qui dévore son âme

Partout il fait briller la bienfaisante llamme;

Sa sainte voix, troublant le silence éternel

Dos grands bois canadiens, fait surgir dans les nues

Ces clochers rayonnants dont les flèches aiguës

Au sauvage étonné montrent du doigt le ciel

Atrrontaiil W «lan;jfi> «U** \a;ru€s* iiinL'isf»ani«^. Mil l** \oit raniiii».*r 1»*» ♦Vliîj*.'> nai^-^ant»"» *lu'i -?V-It\«'iii aux UipI'» ilii ^a:ru^'nay loiniaiii; (.'oiiiinf un M^Ieil anU'iit rt'ï»an«laiit >a luinivn*. Kii iia>Maiit il <-rin>^>I<* et la {tauvre «.hautiiicri' Kt l<î ;;ran«l <-hef hnrrm pk'urant >ur H»n <lf*tiii.

Quatul M<Vy, d'Avaugour, abusant de leur fort-e,

< hent d(»iin<>r appui, ïrou.** la liulte d'éi'Oiw,

Ail trat'u' infaniant de la lii|ueur de feu.

Intn'jiide ;.'ardu'n d«' la morale au>tcn*,

11 sait faire ^rronder, ^ans craindre leur rolôre,

Sur h'urs coupables fronts les foudn*s de M>n hieu.

lh-> bords ^rasjx'siens au lac des Doux-Mont a^nes, (^uand il a fait briller (;es trois saintes conipajrniN!*, La drjU(M* Cliarit/', l'Espcranco et la Foi, Coin me un vain(|ueur cliargc des dcpouilles opinies, Il nnjntre cent tribus, ô conquêtes sublimes! <2ui de» Um;(his du Christ reconnaissent la lui.

Mais bientôt s'arrctant au milieu de sa course, Des saints enst'ijrneinents il vient «ouvrir la source, Kt fonde la maison, ce foyer immortel, iliii verso oncor sur nous 8(\s torrents do lumicre; Où, des saintes vertus suivant la règle austère. On ap])rend à servir la patrie et l'autel.

Ce fruit de ses travaux, cet objet de sa joie, Deux fois un feu cruel le saisit pour sa proie.

Ce malheur, qui le frap^xi au plus profond du (Mcur, N© peut faire flochir son rourago indomptable: De ci« d('])ris fumants, un monument durable SVlève sous sa main, rayonnant de splendeur.

Deux siècles sont pasi^és sur cet illustre asile. Deux sièclejj sont passés, et toujours immobile G iiime un roc au milieu des vagues en fureur, Il a vu sVlever, grandissant sous son onibn^, Ces temples du vrai Dieu, ces collèges» sans nombre^ Qui sont de la patrie et la force et Thonneur.

Mais déjà ce héros voit sa forco tarie Dans ses nouibreux combats où s'épuise sa vie. Donnant à Saint-Valier son glorieux fardeau, Il s*en va reposer les jours de sa vieillesse Dans ce ])aisible asile, objet de sa tendressts Où son cœur se prépare i\ la paix du tombc^au.

Kt quand la mort parut au sein de sa n^traite. Elle n'eut qu'à cueillir cette fleur toute prête Tour Ie« jardins bénis du si'jour éti^rnel. Et sur les bords heureux où son nom brille encore, I-es chênes attristés, dans la foret sonore. Chantèrent ses vertus aux archanges du ciel.

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Si TïffUn avon^! -jard»'. jiur Je t«'Ut alliaje.

!)••- i.ioîiiiifTîî français ^hé^oî•^ue hrrita:;»-.

SfitTh rf*li'/ion, notre laniiiie et nns lois;

.^•i, «lan^ lfc« inauvai.^ joui> «le notre j«-iine hi«»ti»in\

Non** avont^. ave<- noii>. vn nian-Iier la virtoirt».

Nf#nî« von.» 'levon?» enf^^r <-e> 'jlurieiix exploits.

Si, i\i\ H»'joiir «-f'I^-stfî où son àine immortellt* SVnivn? rl<-r* rlart»'fi de la vie étemelle. I^ival fient ronternj»l«^r (■e,s murs n*^plendi^^ant^. On, lanennt tons î-es feux, rinielligcn<'e hnniainc. !)«■> travaux de IV>prit « inhraî-.sant le domaine, Fait briller des rayons sans ccskï renaiss^ants :

S'il a vu comme nous voh nobles sacrifices, Les arts encouragés par vos mains bienfaitrices ; S'il entend aujourd'hui ces hymnes triomphants Qui chantent votre nom dans ce concert immense Que fait monter au ciel notre reconnaissance, Il doit dire de vous : Ils sont bien mes enfants !

Québec, 15 juin 1859.

FKTE NATIONALE

Jour de saint Jean- Baptiste, 6 fête glorieuse I Tu iHjrtes avec toi la trace radieuse

De nos vieux souvenirs français ; Rap|)elant à nos cœurs les vertus de nos |)èn^s, Tu montres, rayonnant de feux et de lumières,

Leur gloire et leurs nobles bienfaits.

Douce et fraîche oasis, par le Seigneur donnée, Tu vois les Canadiens revenir chaque année,

A Tombre de' tes verts rameaux, S'abreuver à longs traits à ta source chérie. En chantant à la fois l'hymne de lu patrie

Et les grands noms de ses héros.

Il est sur le sol d'Amérique Un doux pays aimé des cieux, Où la nature magnifique Prodigue ses dons merveilleux.

Ce sol, fécondé par la France (^ui régna sur ses bords lleuris.

C'est notre amour, notre espérance, Canadiens, c'est notre pays.

Pour conserver cet héritage Que nous ont légué nos aïeux, Malgré les vents, malgré l'orage, Soyons toujours unis comme eux.

MarchouB sur leur brillante trace, De leurs vertus suivons la loi, Ne souffrons pas que rien efface

Et notre langue et notre foi.

O de Punion fraternelle Jour triomphant et radieux, Ah ! puisse ta flamme immortelle Remplir notre cœur de ses feux ; Oui, puisse cette union sainte.

Qui flt nos ancêtres si grands, Garder toujours de toute atteinte L'avenir de leurs descendants.

Les vieux chênes de la montagne Où combattirent nos aïeux ; Le sol de la verte campagne Où coula leur sang généreux ; Le flot qui chante à la prairie La splendeur de leurs noms bénis, La grande voix de la patrie, Tout nous redit : Soyez unis.

O Canadiens-Français, dans ce jour solennel Marchons donc fièrement sous la vieille bannière Qui vit de Carillon le combat immortel. Nous sommes les enfants de la race guerrière

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