‹ OEuvres complètes de Octave Crémazie, publiées sous le patronage de l'Institut canadien de QuébecChapitre 19 sur 42 · L'ALOUETTE · texte numérisé non relu

L'ALOUETTE

Voici le jour; n'entendH-tu paa lochuiu (le raluiu'lic qui s'ôlôve sur lu rivu?

SIIAKRHPKABK.

Alouette

GontilUte,

Ta voix jette Cliaque matin un chant si radieux,

Si sonore

(iue Taurore

Doute encore S'il naît sur terre ou sMl descend des cieux.

Dans le IkjIs S(jlitaire, D'un chant mclodieux Le rossignol, ton frèrts Jette les sons joyeux.

Toi, sur la rive humide Où s'arrêtent les flots, Ta voix douce et rapide Vient consoler nos maux.

Ce»t pour toi que Paurore Vient dissiper la nuit ; Pour toi le soleil dore Chaque fleur, chaque fruit; Cest pour toi que la rose, Ouvrant ses yeux pourprés, Ré|>and, à peine écloso, Ses parfums dans les prés.

Car ta voix matinale.

Saluant le soleil) £t la fleur virginale A son premier réveil, Répand dans la nature Tous ses brillants accords.

Et se môle au murmure Des vagues sur nos bords.

Quand la nuit de son voile Assombrit Thorizon, A la première étoile Tu redis ta chanson ; Ainsi, douce alouette.

Ta voix chante toujours.

Et la mort seule arrête Tes chants et tes amours.

Au matin de nos jours, quand Tavenir en fleurs Etale devant nous ses riantes couleurs,

Nous trouvons dans notre dme.

Pour saluer la vie, un chant pur et joyeux. Car le bonheur alors brille devant nos yeux

Comme un rayon do flamme.

Mais, comme Talouette, à rapproche du soir, Brisés par la douleur, tromjiés dans leur esi^oir,

Nos cœurs pleins de tristesse No trouvent plus, hélas ! leurs accents du matin, Car ils ont vu se i)erdre, aux ronces du chemin, Les chants et \en vertus (jui charmaient leur jeunesse.

Québec, 3 février 1858.

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