LE RETOUR DE L'ABEILLE
Me recoiinaissi'.z-vuiis? Aux ri varies lointain'^, rauvro al H'.illo, j'osai chcrclKT «l'autros destins, Kt jo voulus aussi nmnaitro et voir le monde. Inconstante, trouvant, en louchant cha()ue tleur, liarenient lo plaisir, bien souvent la douleur, J'ai promené longkMups ma course vajîabonde.
Sous les cieux étranîrers mon bonheur s'envola. Car, nialjiré leurs beautés, mou ccrur n'était pas là. Voyez, d'un ]>lanc manteau mes ailes sont couverte«*^. Ah î pour vous voir encor j'ai bravé les frimats. Heureuse de (piitter ces radieux climats Au ciel toujours serein, aux feuilles toujours vertes.
Comme l'enfant prodigue imjjlorant mon pard(m, Honteuse, je reviens. Ah I votre coîur est bon Kt vos bras recevront la pauvre fugitive. Sous ce toit v<.)us avez guidé mes premiers i>as; Oui, je suis votre enfant, et vous ne i>ouvez i)as Plus longtemps rei)0usser ma voix faible et i>laintivei.
* Cette pièce de vers [a été composée lors de la réaj)parition de VAhexïl€y charmante j^tite feuille rédigée par les élèves du séminaire de Québec.
Donc j'ai votre pardon. Oh ! j*ai bien voyagé ! Voyez, de sucs nouveaux mon bagage est chargé. Puis, le soir, réunis dans notre vieille salle, Je vous dirai comment, jwur composer mon miel, A Ceylan j'ai cueilli la feuille du bétel, La violette en Chine et la rose au Bengale,
^îur li>s bords italiens la fleur de Tamandier, Sous le ciel espagnol celle du grenadier. Précipitant plus loin ma course aventureuse Et ramenant mon vol sur les bords de Tlndus, J'ai surpris ton secret, mystérieux lotus, Ëntr'ouvrant au soleil ta corolle frileuse !
Et, de tous ces parfums, faisant un nouveau miel» Quand viendra du Jeudi le retour solennel. Peut-être mes récits charmeront votre oreille. Je travaillerai tant pour remplir vos loisirs. Que, retrouvant bientôt tous vos vieux souvenirs, Comme aux jours d'autrefois vous aimerez V Abeille.
Et maintenant, amis, que notre accord est fait. Recevez un conseil sous forme de souhait. De vivre et de mourir où vécurent vos i)èrefl Vous faisant pour toujours un sublime devoir, N'allez pas comme moi, remplis d'un fol e8i)oir. Perdre vos plus beaux jours aux rives étrangères.
1" janvier 1859.