‹ OEuvres complètes de Octave Crémazie, publiées sous le patronage de l'Institut canadien de QuébecChapitre 22 sur 42 · ENVOI · texte numérisé non relu

ENVOI

Madame, ce soldat à Texistence austère.

Ce débris des grands jours, c'était votre vieux i)èro. D'une époque héroïque il conserva le feu, Et, divisant sa vie en deux parts magnifiques, Il sut toujours donner, homme des temps antiques, L'une à l'honneur et l'autre à Dieu.

Jamais, quanti il re^'ut lt\s dons de la fortune,

La voix do l'indijrent ne lui fut imiiortuno;

Son oœur, en l'écoutant, sentait se ranimer

liO souvenir amer de ses ])roi)res détresses,

Et sa main, d'où coulaient d'innombrables largesses,

Savait toujrmrs s'ouvrir et jamais sc^ fermer.

Des Français malheureux il fut la provi(ienre. Et combien d'exilés, brisés par la souffrance, Durent à ses l)ienfaits un instant de V)onbeur ! D'un nom pur et sans tache il laissa l'auréole, Et ce nom parmi nous reste comme un symbole De la charité, de Thonutuir.

Et quand, à vos enfant*?, heureuse et tendre mère, Sur la carte indiquant ce* sillons de la guern^ C^u'on nomme I ligueras, Burgos, Talavera, Vous leur racontc^rez cette histoire sublinu», Alors, lo c(cur rempli d'un orgueil légitime^ Vous leur direz: Enfants, votre aïeul était là I

(^uél»or, février lsr>î».

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