LE MORT
** Hélas ! je n'ai plus rien, rien que mon blanc suaire, ** Rien que mou corps tlétri, rien que cet ossuaire
" Où le jour ne parait jamais !
*' Si je n'ai plus ces biens que leur folie adore, ** Ah I pour penser à moi mes amis ont encore
" Le souvenir do mes biouiaits. "
LE VEB.
• QiziA la main qoi ilconait esi pc»ar toojoors fermée,
** Klni doti'' zarde s<.«o 5«>g venir?
' Et «lUi i0jni:e an ymifam de la njcse emYxaoïUre.
" '^oaii'i on ne pea! {*la> la cueillir ?
" Car i'iiomnie veat toajoars qoe âa reconnaissance
** Loi rapporte qoelqnes profiu ; " Il ne se soovient plos, qoand tombe la puissance
'* Dont il pouvait tirer des froits.
*' 0 mort ! ta n'as plos rien, maintenant qoe ta bière
^ Est mon empire sépolcral ; ** Ton linceul m'appartient ; ô mort ! dans ce suaire
** Je taille mon manteau royal.
'* Ton cadavre, pour moi c'est la source de vie
" Où je m*abreuve chaque jour ; '* Cest le riche banquet où la faim me convie,
** Où je m'assieds avec amour.
'* Tout est à moi, ton corps, ton cercueil, ton suaire, " Tes cl<>uleui>> ^eule^ sont à toi.
" Moi seul puis dire ici d'une voix haute et fière : " Je suis le Ver, je suis le Roi î
" Comme ces conquérants qui passent sur le monde '' Frémissant sous leurs pas vainqueurs,
** Pour graver de leur nom une trace profonde, " Laissent des aillons de douleurs;
** Je laisserai tes os dans cette fosse impure
** Où ton désespoir s'exhala, " Pour qu'on dise, en voyant ce qui fut uia ix^ture:
— " I^ Roi, le Ver a i>a8S«' lA ! "