‹ OEuvres complètes de Octave Crémazie, publiées sous le patronage de l'Institut canadien de QuébecChapitre 8 sur 42 · CHANT DES MUSULMANS · texte numérisé non relu

CHANT DES MUSULMANS

" Allah ! Dieu seul est grand et gloire à son prophète! " Il exauce toujours, au fort de la tem{)éte,

" La prière du vrai croyant.

" Des fils de Mahomet il protège la race, " Et, du haut de son trône, il abaisse l'audace

" Des fiers giaours de l'Orient.

" Comme aux jours de Sélim, l'éclatant cimeterre ** Ne savait plus courber les peuples de la terre

" Devant la splendeur du Croissant.

" Contre le Russe impur, le sultan magnanime •' Pour dt'fenso n*avait que sa douleur sublime

" Et bon désespoir impuissant.

* Comme le voyageur égaré dans la plaine *' C^u'au milieu de la nuit Tardent simoun entraîne,

** Nous avons crié vers le ciel, ** Et la source qui coule au pied des térébinthes, " Aux échos du désert a nmrmuré les plaintes

" De tous les enfants d'Ismaël.

" De ses fils menacés écoutant la prière,

*' \jQ Seigneur a prêté sa force et son tonnerre

" Aux nobles guerriers d'Occident ; " Ils sont venus vers nous, ces soldats intrépides, " \joti fils de ces Héros qui sur les P>Tamides

" Ont gravé leur nom triomphant

" Du grand Bounaberdi, dont les Kalmouks, nos frères, " Virent étinceler las arme^j meurtrières

" Dans les déserts égyptiens, " De ce 8ultan du feu la rac<3 glorieuse '^ A fait briller i)Our nous dans sa main radieuse

** I^ glaive vainqueur des chrétiens.

" L'aigle et le léopard, qui, sur les mers lointaines, ** Promène en padisha ses voiles souveraines,

" Pour nous ont marché de concert ; " Remplis à leur asiKîct d'une frayeur mortelle, '' Iàm Cosaques ont fui comme fuit la gazelle

" Devant le lion du désert.

" Apportant le tribut de ses ondes rapides, " Qaand le Nil a versé sur les plaines arides

" La sève et la vie en passant, " Retrouvant sa vigueur Tantique sycomore ** Sous le ciel africain voit reverdir encore

•* Son feuillage resplendissant.

" Telle Stamboul la sainte, après les jours d'orage, " Dans le sang ennemi retrempant son courage,

" Fait briller son nom rayonnant ; " Et forte désormais de Tappui de Dieu même, " Son front porte toujours Tim mortel diadème

" De la reine de l'Orient.

" Allah ! Dieu seul est grand et gloire à son prophète ! " Il exauce toujours, au fort de la tempête,

" La prière du vrai croyant.

" Des fils de Mahomet il protège la race " Et du haut de son trône il abaisse l'audace

" Des fiers giaours de l'Orient."

Et, découvrant au loin le^ horizons splendides Qui s'ouvrent devant eux, aux luttes fratricides Les i)euples dès ce jour renonçant pour jamais Voguent vers l'avenir en prenant pour boussole. Ces deux astres bénis et leur douce auréole: L'industrie et la paix.

1" janvier 1857.

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