‹ Œuvres complètes de P. CorneilleChapitre 111 sur 343 · NYMPHES, SUITE DE PHINÉE · texte numérisé non relu

NYMPHES, SUITE DE PHINÉE

PHINÉE

Ce n'est pas mon dessein, madame, de surprendre, Puisque avant que d'entrer je me suis fait entendre.

ANDROMÈDE

Vos vœux pour les cacher n'étoient pas criminels, Puisqu'ils suivent des dieux les ordres éternels.

PHINÉE

Que me direz-vous donc de leur galanterie?

ANDROMÈDE

Que je Tais vous payer de votre flatterie.

PHINÉE

Comment?

ANDROMÈDE

En vous donnant de semblables témoins, Si vous aimez beaucoup, que je n'aime pas moins. Approchez, Liriope, et rendez-lui son change; C'est vous, c'est votre voix que je veux qui me venge. De grâce, écoutez-la; nous avons écouté, Et demandons silence après l'avoir prêté,

LIRIOPE chante.

Phinée est plus aimé qu'Andromède n'est belle, Bien qu'ici-bas tout cède à ses attraits ; Comme il n'est point de si doux traits » Il n'est point de cœur si fidèle.

De mille appas son visage semé La rend une merveille :

Mais quoiqu'elle soit sans pareille, Phinée est encor plus aimé.

Bien que le juste ciel fasse voir que sans crima

On la préfère aux nymphes de la mer.

Ce n'est que de savoir aimer

Qu'elle-même veut qu'on l'estime;

Chacun, d'amour pour elle consumé.

D'un cœur lui fait un temple:

Page 1