SCÈNE II. — CLÉOPATRE, LAONICE
CLÉOPATRE
Làonice, vois-tu que le peuple s'apprête Au pompeux appareil de cette grande fête?
LAONICE
La joie en est publique, et les princes tous deux Des Syriens ravis emportent tous les vœux; L'un et l'autre fait voir un mérite si rare, Que le souhait confus entre les deux s'égare; Et ce qu'en quelques-uns on voit d'attachement N'est qu'un foible ascendant d'un premier mouvement. Ils penchent d'un côté, prêts à tomber de l'autre : Leur choix pour s'affermir attend encor le vôtre; Kt de celui qu'ils font ils sont si peu jaloux, '^ue votre secret su les réunira tous.
CLÉOPATRE
Sais-tu que mon secret n'est pas ce que l'on pense?
LAONICE
J'-.it tends avec eux tous celui de leur naissance.
CLÉOPATRE
pjur un esprit de cour, et nourri chez les grands,