SUITE DE PERSÉE. PERSÉE
Que me permettez-vous , madame , d'espérer? Mon amour jusqu'à vous a-t-il lieu d'aspirer? Et puis-je, en cette illustre et charmante journée, Prétendre jusqu'au cœur que possédoit Phmée?
ANDROMÈDE
Laissez-iûoi l'oublier, puisqu'on me donne à vous;
Et s'il l'a. possédé, n'en soyez point jaloux.
Le choix du roi l'y mit, le choix du roi l'en chasse;
Ce même choix du roi vous y donne sa place;
N'exigez rien de plus; je ne sais point haïr;
Je ne sais point aimer, mais je sais obéir :
Je sais porter ce cœur à tout ce qu'on m'ordonne,
Il suit aveuglément la main qui vous le donne;
De sorte, grand héros, qu'après le choix du roi,
Ce que vous demandez est plus à vous qu'à moi.
PERSÉE
Que je puisse abuser ainsi de sa puissance! Hasarder vos plaisirs sur votre obéissance l Et de libérateur de vos rares beautés M'élever en tyran dessus vos volontés!
Princesse, mon bonheur vous auroit mal servie, S'il vous faisoit esclave en vous rendant la vie, Et s'il n'avoit sauvé des jours si précieux Que pour les attacher sous un joug odieux. C'est aux courages bas, c'est aux amans vulgaires, A faire agir pour eux l'autorité des pères. Souffrez à mon amour des chemins différens. J'ai vu parler pour moi les dieux et vos parens;