SCENE IV. — CÉPHÉE , CASSIOPE , ANDROMÈDE , AGLANTI
SUITE DU ROI ET DE LA REINE
AGLANTE
Ah! seigneur, au secour-t Du généreux Persée on attaque les jours. Presque au sortir du temple une troupe mutine Vient de l'environner, et déjà l'assassine. Phinée en les joignant, furieux et jaloux,
168 a:;dromede.
Leur a crié : a Main basse! à lui seul, donnez tous!» Ceux qui l'accorapagnoient tout aussitôt se rendent; Clvte et Nylée encor vaillamment le défendent; ilais ce sont vains efforts de peu d'autres suivis, Et je viens toute en pleurs vous en donner avis.
CASSIOPE
Dieux! est-ce là l'efî^et de tant d'heureux présages? Allez, gardes, allez signaler vos courages; Allez perdre ce traître, et punir ce voleur Qui prétend sous le nombre accabler la valeur.
CÉPHÉE
Modérez vos frayeurs, et vous , séchez vos larmes.
Le ciel n'a pas besoin du secours de nos armes;
Il a de ce héros trop pris les intérêts,
Pour n'avoir pas pour lui des miracles tout prêts :
Et peut-être bientôt sur ce lâche adversaire
Vous entendrez tomber le foudre de son père.
Jugsz de l'avenir par ce qui s'est passé;
Les dieux achèveront ce qu'ils ont commencé:
Oui. les dieux à leur sang doivent ce privilège:
Y mêler notre main, c'est faire un sacrilège.
CASSIOPE
Seigneur, sur cet espoir hasarder ce héros, C'est trop....
SCÈNE V. — CÉPHÉE, CASSIOPE, ANDROMÈDE, PHORBAS, AGLANTE , suite du roi et la reine.
PHORBAS
Mettez, grand roi. votre esprit en repos; La tète de Méduse a puni tous ces traîtres.
CÉPHÉE
Le ciel n'est point menteur, et les dieux sont nos maîtres.
PHORBAS
Aussitôt que Persée a pu voir son rival: a Descendons, a-t-il dit, en un combat égal; Quoique j'aie en ma main un entier avantage, Je ne veux que mon bras, ne prends que ton courage. — Prends, prends cet avantage, et j'userai du mien,» Dit Phinée: et soudain, sans plus répondre rien, Les siens donnent en foule, et leur troupe pressée Fait choir Ménale et Clyte aux pieds du grand Persée. H s'écrie aussitôt : « Amis , fermez les yeux . Et sauvez vos regards de ce présent des cieux : J'atteste qu'on m'y force , et n'en fais plus d'excuse. » Il découvre à ces mots la tête de Méduse'.
4 . Voici presque le seul morceau où l'on retrouve Corneille .{Foltaire.)