ACTE V, SCÈNE IH
Il vous a vu , seigneur . et l'orage a passé.
CÉPHÉE
Et vous prêtiez l'oreille à ses discours frivoles?
CASSIOPE
Un amant qui perd tout pmt perdre des paroles; Et l'écouter sans trouble et sans rien hasarder, C'est la moindre faveur qu'on lui puisse accorder.
Mais, seigneur, dites-no. is si Jupiter propice Se déclare en faveur de votre sacrifice, Si de notre famille il se rerfd le soutien, S'il consent l'union de notre sang au sien.
CÉPHÉE
Jamais les feux sacrés et la mort des victimes N'ont daigné mieux répondra à des vœux légitimes. Tous auspices heureux ; et le grand Jupiter Par des signes plus clairs ne pouvoit l'accepter, A moins qu'y joindre encor l'honne r de sa présence, Et de sa propre bouche assurer l'alliance.
CASSIOPE
Les nymphes de la mer nous en ont fait autant; Toutes ont hors des flots paru presque à l'instant : Et leurs bénins regards envoyés au rivage Avecque notre encens ont reçu notre hommage ; Après le sacrifice honoré de leurs yeux, Où Neptune à l'envi mèloit ses demi-dieux, Toutes ont témoigné d'un penchement de tête Consentir au bonheur que le ciel nous apprête : Et nos submissions désarmant leurs dédains, Toutes ont pour adieu battu l'onde des mains. Que si même bonheur suit les vœux de Persée, Qu'il ait vu de Junon sa prière exaucée , Nous n'avons plus à craindre aucun sinistre eff'et.
CÉPHÉE
Les dieux ne laissent point leur ouvrage imparfait; N'en doutez poir.t, madame , aussi bien que Neptune Junon consentira notre bonne fortune.
Mais que nous veut Aglante?