Le mot risque était alors des deux genres
", CommcnlaU'ur d'Aristole. 11 vivait au xii*" siècle.
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coup ont cru qu'il étoit aussi de son essence; et je seroiâ encore dans ce scrupule . si je n'en avais été guéri par votre Heinsius, de qui je viens d'apprendre heureusement que Movere risum non constituit comœdiam^ sed pleMs aucupium est^ et àbusus. Après l'autorité d'un si grand homme , je serois coupable de chercher d'autres raisons , et de craindre d'être mal fondé à soutenir que la comédie se peut passer du ridicule. J'ajoute à celle-ci l'épithète de liéroique , pour satisfaire aucunement à la dignité de ses personnages, qui pourroit sembler profanée par :a bassesse d'un titre que jamais on n'a appliqué si haut. Mais, après tout, monsieur, ce n'est qu'un ni ferm, jusqu'à ce que vous m'ayez appris comme j'ai dû l'intituler. Je ne vous l'adresse que pour vous l'abandonner entièrement : et si vos Elzéviers se saisissent de ce poème, comme ils ont fait de quelques-uns des miens qui l'ont procédé, ils peuvent le faire voir à vos provinces sous le titre que vous lui jugerez plus convenable, et nous exécuterons ici l'arrêt que vous en aurez donné. J'attends de vous cette instruction avec impatience . pour m'affermir dans mes premières pensées, ou les rejeter comme de mauvaises tentations : elles flotteront jusque-là: et si vous ne me pouvez accorder la gloire d'avoir assez appuyé une nouveauté, vous me laisserez du moins celle d'avoir passablement défendu un paradoxe. Mais quand même vous m'ôteriez toutes les deux, je m'en consolerai fort aisément, parce que je suis très-assuré que vous ne m'en sauriez ôter une qui m'est beaucoup plus précieuse; c'est celle d'être toute ma vie,
Monsieur,
Votre très-humble cl irès-obéissanl serviteur,
Don Fernand, roi d'Aragon, chassé de ses États par la révolte de D. Garcie d'Ayala, comte de ruensalida, n'avoit plus sous son obéissance que la ville de Catalaïud et le territoire des environs, lorsque la reine D. Léonor. sa femme, accoucha d'un fils, qui fut nommé D. Sanche, Ce déplorable prince, craignant qu'il ne demeurât exposé aux fureurs de ce rebelle . le fit aussitôt enlever par D. Raymond de Moncade, son confident, afin de le faire nourrir secrètement. Ce cavalier, trouvant dans le village de Bubierça la femme d'un pêcheur nouvellement accouchée d'un enfmt mort, lui donna celui-ci à nourrir, sans lui dire qui il étoit: mais seulement qu'un jour le roi et la reine d'Aragon le feroient Grand lorsqu'elle leur feroit présenter par lui un petit écrin , qu'en même temps il lui donna. Le mari de cette pauvre femme étoit pour lors à la guerre , si bien que, revenant au bout d'un an . il prit aisément cet enfant pour sien , et l'éleva comme s il en eût été le père. La reine ne put jamais savoir du roi où il avoit fait porter son fils: et tout ce qu'elle en tira, après beaucoup de prières, ce fut qu'elle le reconnoîtroit un jour quand on lui présenteroit cet écrin où il auroit mis leurs deux portraits, avec un billet de sa main et quelques autres pièces de remarque : mais, vovant qu'elie continuoit toujours à
en vouloir savoir davantage, il arrêta sa curiosité tout d'ur coup, et lui dit qu'il étoit mort. Il soutint après cela cette mal heureuse guerre encore trois ou quatre ans , ayant toujours quelque nouveau désavantage, et mourut enfin de déplaisir et de fatigue, laissant ses affaires désespérées, et la reine grosse, à qui il conseilla d'abandonner entièrement l'Aragon et se réfugier en Castille : elle exécuta ses ordres, et y accoucha d'une fille nommée D. Elvire. qu'elle y éleva jusqu'à làge de vingt ans. Cependant le jeune prince D. Sanche. qui se croyoit fils d'un pécheur, dès qu'il en eut atteint seize, se dérobe de ses parens et se jette dans les arm-^es du roi de Castille. qui avoit de grandes guerres contre les Maures; et. de peur d"ètre connu pour ce qu'il pensoit être . il quitte le nom de Sanche qu'on lui avoit laisse, et prend celui de Carlos. Sous ce faux nom, il fait tant de merveilles, qu'il entre en grande considération auprès du roi D. Alphonse . à qui il sauve la vie en un jour de bataille : mais comme ce monarque étoit près de le récompenser, il est surpris de la mort , et ne lui laisse autre chose que les favorables regards de la reine D. Isabelle, sa sœur et son héritière, et de la jeune princesse d'Aragon. D. Elvire, que l'admiration de ses belles action? avoit portées toutes deux jusques à l'aimer, mais d'un amour étouffé par le souvenir de ce qu'elles dévoient à la dignité de leur naissance. Lui-même avoit conçu aussi de la passion pour toutes deux , sans oser prétendre à pas une , se croyant si fort indigne d'elles. Cependant tous les grands de Castille ne voyant point de rois voisins qui pussent épouser leur reine, prétendant à l'envi l'un de l'autre à son mariage, et étant près de former une guerre civile pour ce sujet . les États du royaume la supplient de choisir un mari, pour éviter les malheurs qu'ils en prévoyoient devoir naître. Elle s'en excuse comme ne connoissant pas assez particulièrement le mérite de ses pretendans, et leur commande de cnoisir eux-mêmes les trois qu'ils en jugent les plus dignes, les assurant que, s'il se rencontre quelqu'un entre ces trois pour qui elle puisse prendre quelque inclination , elle l'épousera. Ils obéissent, et lui nomment D. Manrique de Lare. D. Lope de Gusman. et D. Alvar de Lune, qui. bien que passionné pour la princesse D. Elvire . eût cru faire une lâcheté , et offenser sa reine, s'il eût rejeté l'honneur qu'il recevoit de son pays par cette nomination. D'autre côté . les Aragonois, ennuyés de la tyrannie de D. Garcie et de D. Ramire, son fils, les chassent de Saragosse, et, les ayant assièges dans la forteresse de Jaca. envoient des députés" à leurs princesses , réfugiées en Castille, pour les prier de revenir prendre possession d'i;n royaume qui leur appartenoit. Depuis leur départ, ces deux tyrans ayant été tués en la prise de Jaca. D. Raymond, qu'ils y tenoient prisonnier depuis six ans, apprend à ces peuples que D. Sanche, leur prince, étoit vivant, et part aussitôt pour ^e chercher à Buhierça, où il apprend que le pêcheur, qui le croyoit son fils, l'avoit perdu depuis huit ans, et l'étoit allé chercher en Castille. sur quelques nouvelles qu'il en avoit eues par un soldat qui avoit servi sous lui contre les Maures. Jl pousse aussitôt de ce côté-là. et joint les députés comme i.'s étoient près d'arriver. C'est par son arrivée que l'aventurier Carlos est reconnu pour le prince D. Sanche-. après quoi la reine
D. Isabelle se donne à lui, du consentement mêraj des trois que ses États lui avoient nommés; et D. Alvar en obtient la princesse D. Elvire, qui, par cette reconnoissance , se trouve être
sa sœur.
PERSONNAGES
D. ISABELLE, reine de Caslille.
D. LÉONOR , reine d'Aragon.
D. ELVIRE, princesse d'Aragon.
BLANCHE , dame d'honneur de la reine de Caslille.
CARLOS, cavalier inconnu, qui se trouve être D. Sanche, roi d'Aragon.
D. RAYMOND DE MONCADE, favori du défunt roi d'Aragon.