‹ Œuvres complètes de P. CorneilleChapitre 17 sur 343 · SCÈNE IV. — SÉLE L'eus, ANTIOCHUS · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. — SÉLE L'eus, ANTIOCHUS

SÉLEUCUS

Est-il une constance à l'épreuve du foudre Dont ce cruel arrêt met notre espoir en poudre?

a:>tiochus.

Est-il un coup de foudre à comparer aux coups Que ce cruel arrêt vient de lancer sur nous?

SÉLEUCUS

0 haines, ô fureurs dignes d'une Mégère!

0 femme, que je n'ose appeler encor mère!

Apres que tes forfaits ont régné pleinement,

Ne saurois-tu souffrir qu'on règne innocemment?

Quels attraits penses-tu qu'ait pour nous la couronne.

S'il faut qu'un crime égal par ta main nous la donne?

Et de quelles horreurs nous doit-elle combler,

Si pour monter au trône il faut te ressembler?

ANTIOCHUS

Gardons plus de respect au\ droits de la natu/e, Et n'imputons qu'au sort noire triste aventure : Nous le nommions cruel . mais il nous étoit doux Quand il ne nous donnoit à combattre que nous. Confidens tout ensemble et rivaux l'un de l'autre, Nous ne concevions point de mal pareil au noire; Cependant, à nous voir l'un de l'autre rivaux- Nous ne concevions pas la moitié de nos m9rx.

SÉLEUCUS

Une douleur si sage et si respectueuse ,

Ou n'est guère sensible, ou guère impétueu."^-

Et c'est en de tels maux avoir l'esprit bien ro."f

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