‹ Œuvres complètes de P. CorneilleChapitre 188 sur 343 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

Ou il ait des sentimens que mon âme ne suive : Le digne sang des rois n'a point d'yeux que leurs yeux, Et leurs premiers sujets obéissent le mieux. Mais vous êtes étrange avec vos déférences, Dont les submissions cherchent des assurances. Vous ne craignez d'agir contre ce que je veux. Que pour tirer de moi que j'accepte vos vœux, Et vous obstineriez dans ce respect extrême Jusques à me forcer à dire : « Je vous aime. » Ce mot est un peu rude à prononcer pour nous; Souffrez qu'à m'expliquer j'en trouve de plus doux. Je vous dirai beaucoup , sans pourtant vous rien dire. Je sais depuis quel temps vous aimez done Elvire; Je sais ce que je dois, je sais ce que je puis . Mais, encore une fois, sachons ce que je suis: Et, si vous n'aspirez qu'au bonheur de me plaire, Tâchez d'approfondir ce dangereux mystère. Carlos a tant de lieu de vous considérer. Que , s'il devient mon roi , vous devez espérer.

D. ALVAR

Madame....

D. ELVlRE.

En ma faveur donnez-vous celte peine, Et me laissez, de grâce, entretenir la reine.

D. ALVAR

J'obéis avec joie, et ferai mon pouvoir

A vous dire bientôt ce qui s'en peut savoir.

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