‹ Œuvres complètes de P. CorneilleChapitre 190 sur 343 · SCÈNE m. — D. ISABELLE, D. LÉONOR, D. ELVIRE · texte numérisé non relu

SCÈNE m. — D. ISABELLE, D. LÉONOR, D. ELVIRE

D. ISABELLE

J"interromps vos secrets, mais j'y prends part moi-même^ Et j'ai tant d'intérêt de connoître ce fils, Que j'ose demander ce qui s en est appris.

D. LÉONOR

Vous ne m'en voyez point davantage éclaircie.

D. ISABELLE

Mais de qui tenez-vous la mort de don Garcie, Vu que, depuis un mois qu'il vient des députés, On parloit seulement de peuples révoltés?

D. LÉONOR

Je vous puis sur ce point aisément satisfaire; Leurs gens m'en ont donné la raison assez claire.

On assiégeoit encor, alors qu'ils sont partis, Dedans leur dernier fort don Garcie et son fils : On l'a pris tôt après : et soudain par sa prise Don Raimond prisonnier recouvrant sa franchise , Les voyant tous deux morts , -publie à haute voix Que nous avions un roi du vrai sang de nos rois , Que don Sanche vivoit. et part en diligence Pour rendre à l'Aragon le bien de sa présence : Il joint nos députés hier sur la fin du jour, Et leur dit que ce prince étoit en votre cour.

C'est tout ce que j'ai pu tirer d'un domestique : Outre qu'avec ces gens rarement on s'explique, Comme ils entendent mal , leur rapport est confus : Mais bientôt don Raimond vous dira le surplus. Que nous veut cependant Blanche toute étonnée?

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