ACTE I, SCENE U
Consolez-vous pourtant, il m'en fait l'offre en vain; Je veux bien sa courorine, et ne veux point sa main.
Faites, si vous pouvez, revivre Pertiiarite, Pour l'opposer aux feux dont votre amour s'irrite. Produisez un fantôme, ou semez un faux bruit, Pour remettre en vos fers un prince qui vous fuit; J'aiderai votre feinte, et ferai mon possible Pour tromper avec vous ce monarque invincible , Pour renvoyer chez vous les vœux qu'on vient m'offrir, Et n'avoir plus chez moi d'importuns à souffrir.
ÉDUIGE.
Qui croit déjà ce bruit un tour de mon adresse, De son effet sans doute auroit peu d'allégresse, Et, loin d'aider la feinte avec sincérité, Pourroit fermer les yeux même à la vérité.
P.ODELINDE.
Après m'avoir fait perdre époux et diadème, C'est trop que d'attenter jusqu'à ma gloire même, Qu'ajouter l'infamie à de si rudes coups. Gonnoissez-moi, madame, et désabusez-vous.
Je ne vous cèle point qu'ayant l'âme royale, L'amour du sceptre encor me fait votre rivale. Et que je ne puis voir d'un cœur lâche et soumis La sœur de mon époux déshériter mon fils. Mais que dans mes malheurs jamais je me dispose A les vouloir finir m'unissant à leur cause, A remonter au trône où vont tous mes désirs. En épousant l'auteur de tous mes déplaisirs! Non, non, vous présumez en vain que je m'apprête A faire de ma main sa dernière conquête; Unulphe peut vous dire en fidèle témoin Combien à me gagner il perd d'art et de soin. Si, malgré la parole et donnée et reçue. Il cessa d'être à vous au moment qu'il m'eut vue, Aux cendres d'un mari tous mes feux réservés Lui rendent les mépris que vous en recevez.