‹ Œuvres complètes de P. CorneilleChapitre 258 sur 343 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

Qu'il ne veut qu'en dépôt la suprême puissance, Qu'il ne veut autre titre en leur donnant la loi, ijue d'époux de la reine et de tuteur du roi : Dis que sans cet hymen ta puissance t'échappe. Qu'un vieil amour des rois la détruit et la sape; Dis qu'un tyran qui règne en pays ennemi N'y sauroit voir son trône autrement afTermi. De cette illusion l'apparence plausible Rendroit ta lâcheté peut-être moins visible; Et l'on pourroit donner à la nécessité Ce qui n'est qu'un effet de ta légèreté.

GRIMOALD

J'embrasse un ton avis . de quelque part qu'il vienne Unulphe, allez trouver la reine, de la mienne, Et tâchez par cette offre à vaincre sa rigueur.

Madame, c'est à vous que je devrai son cœur; Et. pour m'en revancher, je prendrai soin moi-même De faire choix pour vous d'un mari qui vous aime, Qui soit digne de vous, et puisse mériter L'amour que , malgré moi , vous voulez me porter.

ÉDUIGE.

Traître ! je n'en veux point que ta mort ne me donr Point qui n'ait par ton sang affermi ma couronne.

GRIMOALD

Vous pourrez à ce prix en trouver aisément. Remettez la princesse à son appartement, Duc: et tâchez à rompre un dessein sur ma vie Qui me feroit trembler si j'étois à Pavie.

ÉDUIGE.

Crains-moi. crains-moi partout: et Pavie, et Milan, Tout lieu, tout bras est propre à punir un tyran; Et tu n'as point de forts où vivre en assurance, Si de ton sang versé je suis la recompense.

Dissimulez du moins ce violent courroux :

Je deviendrois tyran , mais ce seroit pour vous.

ÉDUIGE,

Va . je n'ai point le cœur assez lâche pour feindre.

GRIMOALD

Allez donc; et craignez, si vous me faites craindre

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