SCÈNE III. — GRIMOALD , RODELINDE , GARIBALDE
RODELINDE.
Je me rends , Grimoald . mais non pas à la force : Le titre que tu prends m'est une douce amorce, Et s'empare si bien de mon affection.
Qu'elle ne veut de toi qu'une condition. Si je n'ai pu t'aimer et juste et magnanime. Quand tu deviens tyran je t'aime dans le crime; Et pour moi ton hymen es: un souverain bien. S'il rend ton nom infâme aus^i bien que le mien.
GRIMOALD
Que j'aimerai, madame, une telle infamie Qui vous fera cesser d'être mon ennemie! Achevez , achevez , et sachons à quel prix Je puis mettre une borne à de si longs mépris : Je ne veux qu'une grâce, et disposez du reste. Je crains pour Garibalde une haine funeste. Je la crains pour Unulphe : à cela près parlez
RODELINDE.
Va, porte cette crainte à des cœurs ravalés: Je ne m'abaisse point aux foiblesses des femmes Jusques à me venger de ces petites âmes.